VIDÉO- Votre enfant fait sa première rentrée ? Parents, ne stressez pas, voici comment agir pour que tout se passe bien

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TOUTE PREMIÈRE FOIS – C’est bientôt la rentrée, et votre enfant entre pour la première fois à l’école, en première année de maternelle. Et une foultitude de questions vous traverse l’esprit : comment en parler avec lui ? Comment bien le préparer ? Comment se comporter le jour J ? Voici des conseils pour appréhender en totale quiétude cette journée riche en émotions nouvelles.

Le temps passe vite, votre enfant a (ou va) avoir 3 ans et il entre pour la première fois à l’école, en petite section. Pour vous, ce n'est pas un micro-séisme, c'est la fin du monde. Ainsi, plus la date fatidique de la rentrée approche, plus vous êtes cerné de doutes, d'angoisses, de questions existentielles : arrivera-t-il à se faire des amis ? Ai-je bien fait de l'inscrire à la cantine ? Comment va-t-il se débrouiller sans sa couche ? 


Diantre, mais pourquoi sommes-nous à ce point angoissés par cette perspective de séparation à la rentrée ? "Quand on est ensemble, on est maître de la situation, nous assure le psychologue Jean-Luc Aubert, auteur des Sept piliers de l'éducation : Quels repères donner à nos enfants ? (Albin Michel). On sait ce que fait l'autre, c'est très rassurant. Quand on se sépare, c'est le contraire. Le passage du connu à l'inconnu nous angoisse."


Déstressons un peu et gardons en tête cette évidence : l'entrée en maternelle se fait naturellement pour les enfants, et très rares sont ceux qui en gardent un affreux souvenir. Par ailleurs, le parent doit se réjouir de voir son enfant faire ses premières découvertes, se familiariser avec les chiffres et les lettres, faire des dessins, écouter des histoires, respecter les autres, apprendre à vivre en collectivité, s'exprimer avec son corps, imaginer, créer... Et ainsi développer une autonomie nécessaire à son épanouissement personnel. 

Préparer en amont le terrain pendant les vacances

Aussi, comment faire pour que cette première rentrée se passe de la meilleure des façons ? Selon Jean-Luc Aubert, il ne faut pas hésiter à parler de l’école pendant les vacances, et ce le plus simplement possible : "C'est la meilleure façon de formaliser les choses et de ne pas en faire un événement trop important, ni insignifiant. Si on en parle beaucoup ou au contraire pas du tout, cela va pour le coup susciter de l'angoisse."


L'une des étapes rassurantes pour tout le monde se révèle la précieuse journée portes ouvertes ayant lieu avant les grandes vacances et permettant à l’enfant, comme aux parents, de se familiariser avec les lieux de sa future école. L'impressionnant bâtiment devient ainsi un territoire familier, chaleureux, accueillant, et non plus une hostile terra incognita.

Ne (surtout) pas pleurer devant son enfant

Bien sûr, le jour J, personne n'est à l'abri de l'émotion. Seulement, pleurer au moment de la séparation avec votre enfant (comme dans les grands mélos où l’on fond à chaudes larmes sur le quai de la gare) est très fortement déconseillé. Soyez au contraire fort, fier de votre enfant qui va s’ouvrir au monde, aux autres, aux infinies possibilités de son futur. Et en restant stoïque, vous lui donnez plus de confiance, vous insufflez cette idée que tout ira bien. 


L'enseignant adresse souvent un message aux parents le premier jour d'école : "Laissez vos enfants pleurer, partez et vous allez voir, cinq minutes après, tout ira bien". "On sait par expérience que l’enfant va se mettre à pleurer, que le parent aussi et qu’au bout d’un quart d’heure, ce sera fini", confirme à LCI Alain Sotto, psychopédagogue et neuropédagogue. 


Le jour J donc, laissez votre enfant dans sa classe et partez sourire aux lèvres. Libre à chacun de pleurer une fois que l’enfant est dans la classe. 

Faites confiance à l'enseignant

Autre conseil salutaire pour ce premier jour : laissez l'enseignant gérer et par pitié, ne glissez aucune photo de papa ou maman dans le casier à côté du doudou dans le dortoir. Rien de tel pour déstabiliser un enfant.


Et si, en dépit de tous ces beaux conseils, l'épreuve reste insurmontable ? "La rentrée scolaire peut réactiver des angoisses passées, ajoute Jean-Luc Aubert. Là où c'est embêtant, c'est quand le parent avait des difficultés à l'école et qu'il transmet sa peur à son enfant. Dans ce cas, il vaut mieux que ce soit l'autre parent qui accompagne le petit à l'école." 


Alain Sotto va même plus loin : "Ce qui peut expliquer la peur des parents, c’est la peur de perdre son autorité, son pouvoir sur l’enfant. On ne veut pas qu’il ait du plaisir hors de notre propre sphère. Cela relève bien entendu de la pathologie et c'est très rare, on voit très très peu de parents qui enferment leurs enfants et ne veulent pas leur épanouissement."

Ne pas rendre l'initiation scolaire anxiogène

N’oublions jamais que tous les enfants ne sont pas égaux lors de leur première rentrée des classes, entre ceux qui viennent d’une crèche (familiale ou collective), et qui donc ont déjà eu la possibilité de nouer des liens affectifs parfois durables avec d'autres enfants, et ceux qui sortent du cocon de la nounou : "Si votre enfant a l'habitude de la crèche, il supportera de rester à l'école toute la journée. En revanche, s'il est timide ou n'a jamais été au jardin d'enfants, mieux vaut d'abord opter pour des demi-journées. Cela lui permettra de s'adapter en douceur au rythme de la maternelle" qui, non, n'est pas une garderie mais bien une école. 


Le pédopsychiatre Daniel Haué assure que "c’est aux parents de ne pas rendre l’expérience scolaire anxiogène. Il faut qu'ils verbalisent à leur enfant ''moi, ton papa, ta maman, j'ai confiance en toi'. C'est à mon sens le message le plus important". Et plaider pour l’ouverture, toujours : "Il faut lui conseiller d'aller vers les autres et de les accueillir". 

Dialoguez avec votre enfant après sa journée d'école

De manière générale, pour que la famille vive sereinement cette période de rentrée scolaire, une autre recommandation : demandez à l’enfant de raconter sa journée, avec ses quelques mots. Cela montre que vous vous intéressez à ce qu’il peut apprendre. Pour faciliter la communication, il ne faut pas hésiter à faire appel au jeu. 


Appelez aussi la maîtresse par son prénom et ravivez au passage vos souvenirs de maternelle, de cette première fois où vous avez fait une maison en pâte à sel ou une peinture du roi soleil (en réalité, un barbouillage informe que toute votre famille en pâmoison avait naguère trouvé "admirable") : "Les enfants aiment savoir comment étaient et ce qu'aimaient leurs parents à leurs âges", confirme Aubert. 

Et si la rentrée se passe (vraiment) mal ?

Prenons un "scénario catastrophe". Si un soir votre enfant assène avec une froide détermination qu'il ne veut pas retourner à l'école, que faire ? 


Tout d'abord, "essayer de comprendre ce qui s'est passé, le fait qu'un enfant ne veuille pas aller à l'école peut être dû à de multiples facteurs", explique Daniel Haué. "Il peut refuser de faire un effort ou des éléments ont pu l'échauder, il faut comprendre pourquoi il ne veut plus y aller ". Si la situation se répète, cela soulève d’autres problématiques qu’il importe de régler au plus vite.  

Pas de quoi tirer la sonnette d’alarme, non plus, surtout en première section de maternelle. Si votre enfant angoisse, rappelez-lui juste qu’il n’est pas seul et que vous êtes là pour écouter ses joies comme ses détresses. Selon Daniel Haué, il faut "dire qu'il peut résoudre le problème par lui-même comme un grand, et si ça ne marche pas, les parents peuvent intervenir". 


Si cela prend des proportions inquiétantes (par exemple, des pleurs tous les jours pendant une semaine), un appui extérieur peut être recommandé. Un pédopsychiatre ou un psychologue scolaire seront plus aptes que vous à résoudre ces problèmes.

Les prémisses d'une séparation à répétition

Bref, ne stressez pas, cette première rentrée scolaire devrait normalement se passer de la plus formidable des façons et la seule façon d'aider votre enfant à se sentir bien, c'est de lui présenter l'école de façon positive, quitte à en faire des kilotonnes. D'autant que ce n’est que le début : "Au CP et au collège, l'enfant va vers un nouvel inconnu et ce seront de nouvelles sources d'angoisse potentielles", confirme le pédopsychiatre. 


En d’autres termes, ce sont là les prémisses d’une séparation avec son enfant qu'en tant que parent, on doit se préparer à revivre. Séchez vos larmes de cette première rentrée, ce n’est que le début… 


A lire pour aller plus loin : Les 7 piliers de l'éducation de Jean-Luc Aubert (éditions Albin Michel). 

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