"Vous acceptez que des enfants vivent ça ?!" : ça "cracke" dans le quartier parisien de Stalingrad

"Vous acceptez que des enfants vivent ça ?!" : ça "cracke" dans le quartier parisien de Stalingrad

INSOLUBLE - Face au fléau de la drogue dans le quartier de Stalingrad, à Paris, les autorités ont décidé de laisser un parc public ouvert la nuit afin de circonscrire le trafic. Mais les consommateurs s'y rendent aussi toute la journée. À proximité des habitants qui n'en peuvent plus.

À deux kilomètres de Montmartre, dans un jardin public parisien, des consommateurs de crack se trouvent à côté des passants et des promeneurs. Le crack, un mélange de cocaïne et d’ammoniaque, très addictif, est fumé toute la journée dans ce parc, devenu depuis le mois de mai, le point de chute des consommateurs. Une volonté des pouvoirs publics pour limiter géographiquement le problème.

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En conséquence, la moitié du parc est devenue un supermarché de la drogue à ciel ouvert, avec des dealers et plusieurs centaines de clients. Pour financer l'achat du crack, "je fais la manche, point barre. 10 euros c'est très facile à gagner. Et là ce matin, déjà 30 euros, voilà !",  explique, dans le reportage de TF1 en tête de cet article, une femme de 69 ans qui dit consommer trois galettes de 10 euros par jour. Les effets du crack ont souvent de lourdes conséquences sur le cerveau. "Je suis parano à cause du crack. Quand je marche, j'ai l'impression que quelqu'un est derrière moi. J'ai toujours l'impression que quelqu'un est collé à moi", confie la même dame. 

C'est très difficile d'arrêter le crack parce qu'il n'y a plus que ça- Un consommateur de 43 ans à Paris

"Pour moi, le crack a été une mauvaise rencontre. Il a pris la place de mon ex-femme que j'ai quittée quelques mois avant", explique un homme de 43 ans, doté d'un bac+5 en philosophie, quant à lui devenu accro il y a dix ans. "Tous les gens qui sont ici ont eu des traumatismes. Dans un premier temps la drogue apparait comme un calmant. C'est extrêmement difficile d'arrêter, pour moi en tout cas, parce qu'il n'y a plus que ça", détaille-t-il.  

Celui-ci se rend trois fois par jour dans ce jardin public pour acheter sa dose sous le regard des CRS, déployés à l’entrée non pas pour stopper les trafics mais pour surveiller les violences et dérapages qui éclatent tous les jours. Dans tout le quartier, les consommateurs de crack sont présents, y compris dans le métro où la situation empire. Elle existe depuis une trentaine d’années à Paris.

Déplacer le problème sans parvenir à le résoudre

Place Stalingrad, sanctuaire du crack en Europe, comme le déplore elle-même la mairie de l’arrondissement, des barrières ont été installées afin de stopper le trafic. Des CRS ont également été déployés mais cela revient à déplacer le problème, aux yeux du secrétaire départemental Unité SGP-Police FO Rocco Contento : "Personne n'a la solution du problème de fond de lutte contre le crack. La solution n'est certainement pas policière. Il faudrait légiférer pour que ces consommateurs de crack soient, contre leur volonté, pris en charge pour de se faire soigner".

Faudrait-il alors proposer plus de salles de consommation pour les fumeurs de crack ? Paris n’en compte qu’une seule actuellement, ce que déplore  une association qui effectue un long travail d’accompagnement depuis des années. Pour l’heure, la mairie de Paris et la préfecture privilégient plutôt la solution du parc afin d’encadrer la consommation de crack, mais les riverains sont à bout et se mobilisent. "Ils fracturent les portes de toutes les résidences des bailleurs sociaux, ils rentrent dans les caves, ils agressent les gens", déplore l'un d'eux. "Vous acceptez que des enfants vivent ça au quotidien ?!", interpelle-t-il tout en se disant particulièrement inquiet par la présence autour du pard de nombreux établissements dédiés à la petite enfance, des primaires, des collèges.

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