VIDÉO - "Vous n'aurez pas ma haine", le discours poignant du compagnon de Xavier Jugelé, durant la cérémonie d'hommage national

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Attentat des Champs-Élysées

ÉMOTION - Au cours de la cérémonie qui s'est déroulée mardi matin à la préfecture de police de Paris, la Nation a rendu hommage à Xavier Jugelé, le capitaine de police promu à titre posthume tué jeudi dernier, sur les Champs-Elysées. La cérémonie a notamment été marquée par le très beau discours de son compagnon Etienne Cardiles.

Le temps était triste et glacial, à la préfecture de police de Paris, ce mardi. La France a rendu hommage à Xavier Jugelé, ce policier tué sur les Champs Elysées, au cours d'un attentat perpétré jeudi 20 avril dernier. Dans cette cour froide et triste, des responsables politiques ainsi qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient pris place pour saluer la mémoire du policier. 

Aux alentours de 11 heures, le cercueil du policier, porté par ses compagnons d'armes est entré dans la cour afin que ce dernier reçoive un hommage national. Porté par ses camarades d’armes, la dépouille a été installée sous une tonnelle, au son des roulements de tambours. Une cérémonie millimétrée, empreinte d'une gravité propre à l'évènement. Mais également d'une grande dignité au cours de laquelle, Xavier Jugelé a été cité à l'odre de la Nation et a été décoré de la Légion d'honneur à titre posthume.

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Qui était Xavier Jugelé, le policier tué jeudi soir aux Champs-Élysées ?

L'émouvant discours de son compagnon

Au cours d'un discours d'une très grande dignité, Etienne Cardiles, le compagnon de Xavier Jugelé a témoigné de sa "douleur extrême" depuis moins d'une semaine. La voix brisée par l’émotion, il a raconté cette journée du 20 avril dernier, en apparence comme les autres faites de sms et de projets de voyage. "Puis le pire est arrivé pour toi et tes camarades", a-t-il déclaré. "Tu as été emporté sur le coup et je remercie ta bonne étoile", a confié le compagnon du policier. "Je suis rentré le soir sans toi, avec une douleur extrême et profonde qui s'apaisera peut-être un jour (...) Cette douleur m'a donné le sentiment d'être plus proche que jamais de tes camarades qui souffrent, comme toi silencieusement, comme moi silencieusement. Pour ce qui me concerne, je souffre sans haine", a déclaré M. Cardiles. 

Je souffre sans haine- Etienne Cardiles, compagnon de Xavier Jugelé

"Lorsque sont parus les premiers messages informant les Parisiens qu'un événement grave était en cours sur les Champs-Elysées et qu'un policier avait perdu la vie, une petite voix m'a dit que c'était toi et elle m'a rappelé cette formule généreuse et guérisseuse : Vous n'aurez pas ma haine", a raconté Etienne Cardiles. Une formule empruntée à Antoine Leiris, dont la femme est morte lors de l'attentat du 13 novembre au Bataclan, le laissant seul avec un fils de 17 mois. "Vous n'aurez pas ma haine", avait écrit Antoine Leiris après le carnage dans un message qui a fait le tour du monde.

"Cette haine, Xavier, je ne l'ai pas parce qu'elle ne te ressemble pas, parce qu'elle ne correspond en rien à ce qui faisait battre ton cœur, ni ce qui avait fait de toi un gendarme puis un gardien de la paix", a poursuivi son compagnon. Il a ensuite décrit un policier mû par "l'intérêt général, le service des autres et la protection de tous" et dont "la tolérance, le dialogue et la tempérance étaient (les) meilleures armes" mais aussi un homme transporté par le cinéma, la culture et le théâtre : "une vie de joie et d'immenses sourires". "Tu vas rester dans mon cœur pour toujours. Je t'aime. Restons tous dignes et veillons à la paix et gardons la paix", a-t-il conclu. 

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Hollande appelle à soutenir les forces de l'ordre sur le terrain

François Hollande a ensuite rendu un hommage appuyé à Xavier Jugelé mais a également exhorté les deux candidats à la présidentielle à "accorder des moyens budgétaires nécessaires aux forces de l'ordre". A ceux "qui auront à décider pour demain, je leur demande d'accorder les ressources budgétaires nécessaires pour recruter les personnels indispensables à la protection de nos concitoyens. Et pour leur fournir les moyens qui leur permettront d'agir encore plus efficacement (...) Ce qui est attendu, c'est de la constance, de la persévérance, de la cohérence dans l'effort, plutôt que des surenchères et des ruptures", a-t-il plaidé. 

Il a également salué le dévouement de Xavier Jugelé ainsi que celui des forces de l'ordre œuvrant à la protection des Français contre le terrorisme. Face au cercueil de Xavier Jugelé, au gouvernement, responsables de la police et de l'Etat et aux finalistes de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le chef de l'Etat a fait l'éloge des collègues du policier : "Policiers, gendarmes, vous êtes les remparts de la démocratie". 

De nouveau, la France a perdu l'un de ses fils parmi les plus braves- François Hollande

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"De nouveau, la France a perdu l'un de ses fils parmi les plus braves", a déclaré François Hollande, saluant la mémoire de Xavier Jugelé, tué à 37 ans par un "fanatique haineux qui voulait tuer des policiers et perpétrer un carnage". "Nous partageons votre tristesse immense mais aussi votre colère. Votre chagrin est aussi le chagrin de la République", a dit François Hollande à l'adresse des forces de l'ordre extrêmement mobilisées depuis les attaques perpétrées en France ces dernières années. 

Le chef de l'état a ensuite rappelé que Xavier Jugelé était intervenu après l'attaque du Bataclan et qu'il avait assisté au concert de réouverture de la salle de concert parisienne. Puis d'exhorter les Français à soutenir les forces déployées contre le terrorisme. "Soutenez les policiers et les gendarmes, ils ont droit à notre estime, à notre solidarité, à notre admiration face au danger", a dit le président à l'adresse des Français. 

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