VIDÉOS – Leurs enfants partis faire le djihad, ils témoignent

SOCIÉTÉ
PREVENTION - Mercredi 3 février, France 2 diffusait "Ne m'abandonne pas", téléfilm sur la radicalisation islamiste d'une adolescente française, suivi d'un débat sur ce sujet de société qui surprend et effraie. L'occasion de revenir sur cette série de sports diffusés en octobre, où témoignaient des parents touchés par ce phénomène.

Face caméra, parfois au bord des larmes, ils racontent leur douleur d'avoir vu leur fils, fille ou sœur partir faire le djihad en Syrie. Véronique, Baptiste et Saliha ont chacun un enfant parti faire le djihad, Jonathan une sœur de 17 ans. Tous se livrent dans la série de quatre spots publicitaires lancée par le gouvernement, et diffusée par une vingtaine de médias et sites internet, pour sensibiliser l'opinion aux départs de jeunes Français vers la Syrie.

Produire un "contre-discours"

La fille de Baptiste, ainsi, avait 17 ans quand elle est partie, emmenée par un ami dont elle avait fait la connaissance sur un site de rencontres et qui est devenu l'un des porte-parole du groupe djihadiste État islamique. "Elle pris un sac à dos, un chapeau et a disparu", explique-t-il la voix brisée par l'émotion. "Toute la terre nous est tombée dessus, on nous a volé notre enfant."

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Véronique, maman de Quentin, parti en 2013 "pour aider les gens" alors qu'il avait 21 ans, raconte de son côté la "conversion" de son fils puis son basculement dans un islam très rigoriste, les moments où il évoquait à tout bout de champ les "prophètes" en refusant de s'asseoir à la table familiale. "C'était péché". "Nous avons essayé de lui dire que l'islam ce n'est pas cela, on pensait qu'il allait évoluer vers une pratique plus douce, des imams lui ont tendu la main", poursuit-elle. En vain. "C'est une torture, nous n'avons pas de réponse, on a été pris de court".

Avec ces brefs témoignages recueillis par la productrice Fabienne Servan-Schreiber, le gouvernement entend "produire un contre-discours ", selon les mots du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Il y a "1300 individus concernés par ces filières jihadistes, plus de 500 Français ou résidents en France se trouvent aujourd'hui en Syrie ou Irak", a déclaré le Premier ministre Manuel Valls mercredi matin sur RTL. Il y a aussi "des centaines, voire des milliers de jeunes concernés par la radicalisation, c'est un défi considérable pour la société qui nécessite qu'on mobilise les familles".

Les témoignages de Saliha et Jonathan :

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