VIDEOS - "Nuit Debout" : de Royal à Mélenchon, 7 tentatives de récup' politique

SOCIÉTÉ

DECRYPTAGE - Le mouvement contre la loi Travail, plutôt populaire auprès des Français, n'a pas échappé aux responsables politiques. Si la droite le boude encore "Nuit Debout", à gauche, cette mobilisation a fait l'objet de multiples tentatives de récupération.

Des jeunes mobilisés toute la nuit pour un monde meilleur (et contre la loi Travail), voilà de quoi attirer l'attention d'un responsable politique. Une dizaine de jours après le lancement de "Nuit Debout", d'abord sur la place de la République à Paris, puis en province, les tentatives de récupération ne manquent pas… y compris au sein même du gouvernement. La dernière en date : Ségolène Royal, ce dimanche. Notre palmarès.

 Ségolène Royal y voit l'avènement de sa "démocratie participative"
Invitée dimanche du Grand Jury LCI-RTL, la ministre de l’Ecologie s'est montrée particulièrement intéressée par le mouvement qui s'oppose pourtant frontalement au projet de loi Travail porté par le gouvernement auquel elle participe. "On aurait envie d'aller discuter avec eux", s'est-elle emballée. "Je me suis posé la question". Puis, dans un éclair de lucidité : "En même temps, je crois que les jeunes n'aiment pas la récupération politique". Ségolène Royal, loin de toute récup' bien sûr, est passée à deux doigts de s'attribuer le succès de ce mouvement : "Dans les échanges qui ont lieu sur la place de la République, il y a quelque chose qui ressemble profondément à la démocratie participative ". Le projet qu'elle défendait… lors de sa campagne présidentielle en 2007.

NKM veut les rejoindre
On peut être de droite et prêter une oreille attentive à la jeunesse qui manifeste contre la réforme du travail. La candidate à la primaire de la droite, qui veut faire du contrat à durée déterminée la norme , estime dans le JDD qu'il faut "aller place de la République". "Ce n'est pas un problème de la gauche. C'est une génération qui se pose des questions et qui exprime son insatisfaction vis-à-vis de la forme actuelle de la politique". Et de fustiger "un certain mépris" de sa famille politique à l'égard de ce mouvement. A titre d'exemple, sur Europe 1 dimanche matin, François Fillon s'est dit "choqué", au regard du contexte sécuritaire, que "l'on on tolère ce type de rassemblement".

 Le patron du PS, la récup' discrète
Jean-Christophe Cambadélis, ancien leader étudiant d'extrême gauche, a-t-il retrouvé le parfum de Mai-68 sur la place de la République ? " Incognito ", au point de n'être reconnu de personne, l'actuel patron du PS a voulu voir le mouvement "Nuit Debout" de ses propres yeux. Il en est revenu convaincu d'une chose : "C'est le mouvement de la repolitisation". Ce qui ne l'empêche pas de défendre la version actuelle du texte sur la loi Travail, qui lui semble équilibrée.

 Pour Mandon, c'est toujours mieux que Macron
Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Thierry Mandon, a trouvé une façon originale de récupérer le mouvement "Nuit Debout" : en l'utilisant pour taper sur un camarade du gouvernement. Lancé dans une comparaison entre cette mobilisation de la jeunesse et le lancement du mouvement d'Emmanuel Macron, "En marche" , Mandon dézingue à tout-va. "Je crois à la démocratie ressourcée par les citoyens, pas aux hommes providentiels", a lâché le secrétaire d'Etat, dans un passage repéré par Le Lab . Il détaille : "Vous avez d'un côté un mouvement qui porte finalement en lui une forme d'hyper-Ve République, face à l'appétit démocratique des citoyens qui se réunissent".

 Amirshahi, jeune divorcé du PS, en fait un poème contre l'état d'urgence
Tout juste séparé du Parti socialiste, le député Pouria Amirshahi (qui crée son propre mouvement) en profite pour taper sur l'état d'urgence, qu'il a en horreur. Résultat : le parlementaire rebelle trouve Nuit Debout " politique et poétique " et estime qu'il est "bienvenu de se rapproprier l'espace public totalement tenu par l'idéologie de l'ordre du fait de l'état d'urgence".

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 Besancenot "occupe le terrain"
Certains manifestants craignent-ils d'être noyautés par un mouvement politique ? Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, ne s'en formalise pas. Lui qui s'est rendu à plusieurs reprises à "Nuit Debout" en a fait sa cause. "On occupe le terrain, on tient tête au pouvoir en place , c'est un message de détermination à l'intention de l'Etat contre la loi Travail même si c'est un mouvement plus global qui est en train de voir le jour", explique-t-il. Avant de prédire : "L'apathie est en train de disparaître et une nouvelle génération politique voit le jour".

 Mélenchon ne veut surtout pas récupérer, mais…
Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré à la présidentielle 2017, l'a clamé haut et fort : "Je ne veux pas récupérer le mouvement". Mais il a précisé : "Je serai très fier que le mouvement me récupère", ce qui a forcément attisé l'ironie de ses adversaires politiques. Car les ficelles sont grosses. Mélenchon trouve en effet "formidable de voir cette jeunesse remonter sur la scène avec cette conscience sociale. On aurait payé qu'on n'aurait pas rêvé mieux ". Et samedi, il s'affichait devant les caméras, place de la République. 

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