Droit à l'oubli des personnes séropositives : un manifeste pour en finir avec la "double peine"

Droit à l'oubli des personnes séropositives : un manifeste pour en finir avec la "double peine"

MANIFESTE - Publié ce vendredi 29 septembre, un manifeste dénonce les discriminations toujours subies, en 2017, par les personnes atteintes du VIH. Si les traitements évoluent, les mentalités, elles, sont restées figées dans les années 1980.

EDIT : Suite à la publication de cet article, l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) indique à LCI que l'ordonnance discriminatoire envers les personnes séropositives a été modifiée en août 2016. Désormais, le texte demande aux candidats de "remplir les conditions d'aptitude physique nécessaires à l'exercice de leurs fonctions compte tenu des possibilités de compensation du handicap" et non plus d'être "indemnes ou définitivement guéris de toute affection donnant droit à un congé de longue durée".

Un coup de gueule contre le "virus de la discrimination". Camille Genton, entrepreneur parisien et auteur du livre "Positif", publie ce vendredi 29 septembre un manifeste pour dénoncer "la double peine" des personnes séropositives dans une société toujours pétrie de stéréotypes.

"Aujourd'hui, grâce aux traitements antirétroviraux, notre charge virale est indétectable, nous ne pouvons plus transmettre le virus et notre espérance de vie est la même que celle de la moyenne des française·e·s" écrit-il dans ce manifeste, relayé par Le Parisien, et signé par de nombreuses personnalités, dont Roselyne Bachelot et Marisol Touraines, ex-ministres de la Santé. 

Son constat : ce que les progrès de la médecine ont permis, le regard ignorant de la société l'a repris. Aujourd'hui, des personnes porteuses du VIH, sous traitement donc non contagieuses doivent encore "mentir aux banques" pour obtenir un prêt. C'est le cas de Camille Genton.

Stéréotypes tenaces

Et ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres. L'association contre le Sida, AIDES, soutient ce manifeste. Son directeur général adjoint, Christian Andreo, explique à LCI l'importance d'une telle initiative : " Le propos de Camille Genton est de dénoncer ce que subissent encore aujourd'hui les séropositifs, les obstacles institutionnels encore nombreux. Les personnes séropositives sont vues à travers un système de représentation figé dans les années 80-90. On voit encore les porteurs du VIH comme des incapables, des malades. Les stéréotypes sont tenaces. Du coup, dans beaucoup d'administrations, les critères médicaux sont complètement obsolètes."

En 2015, l'association AIDES avait dressé la liste des administrations susceptibles de fermer leurs portes aux personnes atteintes du VIH. Elle avait ainsi mis en lumière une ordonnance discriminatoire datant de 1958 pour les candidats à l'Ecole nationale de la magistrature (ENM). Le texte, portant sur les "conditions d'aptitude physique nécessaires à l'exercice de leurs fonctions", a par la suite été changé, en août 2016. "En France, on bénéficie d'un accès au soin assez exceptionnel et d'engagements publics forts" reconnaît Christian Andreo "mais tout ne dépend pas du ministère de la Santé. Afin d'agir sur les politiques des banques, les soins des étrangers malades ou encore la présence de seringues en prison, il faut une volonté beaucoup plus transversale".

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Mais l'espoir est permis, semble-t-il. Avec le succès populaire et critique du film "120 Battements par minutes", qui raconte le combat historique de l'association Act Up, ne voit-on pas percer un nouveau regard sur la vie des personnes atteintes du VIH ? "Il est clair qu'on ressent davantage d'empathie" confirme le directeur adjoint de AIDES. "Mais en France comme à l'international, il y a encore des environnements verrouillés pour les séropositifs. Depuis les années 80, c'est comme si rien n'avait changé."

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