Vincent Lambert : le Conseil d'Etat va trancher sur l'euthanasie passive

Vincent Lambert : le Conseil d'Etat va trancher sur l'euthanasie passive

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Le Conseil d'Etat examine jeudi matin à 11 heures le cas de Vincent Lambert, ce jeune tétraplégique dont les parents refusent l'euthanasie passive. Sa femme a fait appel devant la plus haute juridiction administrative française après la décision de la justice administrative interdiant "l'arrêt du maintien en vie artificielle" de son mari.

Acharnement thérapeutique, aphasie, directive anticipée, état pauci-relationnel. Derrière ces termes techniques se cache la terrible réalité dans laquelle est plongée toute la famille de Vincent Lambert, tétraplégique et aphasique depuis son accident de voiture en 2008. Leur combat n'est pas que médical, il est aussi juridique : sa femme, Rachel, demande depuis des années qu'on cesse de le maintenir en vie artificiellement, contre l'avis de ses parents. La justice a opté pour son maintien en vie mi-janvier , mais, bien déterminée, Rachel Lambert a décidé de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat. "Un geste d'amour", affirme-t-elle.

La bataille arrive ce jeudi matin devant la plus haute juridiction administrative française. Les Sages disposeront ensuite de 48 heures pour se prononcer, délai qui peut être dépassé quand le cas ne relève pas de l'urgence. Le juge peut également renvoyer l'affaire pour un examen collégial à l'issue de l'audience ou dans les jours suivants au vu de la difficulté du cas posé par Vincent Lambert.

Acharnement thérapeutique ?

La femme de Vincent Lambert "a toutes ses chances" d'obtenir gain de cause, assurait récemment à metronews Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). "Les témoignages montrent que Vincent Lambert ne voulait pas être maintenu artificiellement en vie". Mais l'est-il ? C'est tout l'enjeu du débat. Selon l'équipe médicale du CHU de Reims où il se trouve actuellement, Vincent Lambert est en effet dans un état pauci-relationnel, c'est-à-dire qu'"il a toutes ses fonctions vitales : son cœur bat, ses poumons respirent seuls, mais il ne peut pas parler, ni communiquer" autrement qu'avec le regard, explique à metronews le Gérard Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel-Dieu de Paris. Pour le spécialiste, il ne s'agit donc pas d'un cas d'acharnement thérapeutique.

Toutefois, sa tétraplégie oblige ses médecins à l'alimenter et l'hydrater à l'aide de machine. Pour Jean-Luc Romero, il s'agit donc bien d'une "obstination déraisonnable" mentionnée par la loi Leonetti de 2005 censée empêcher l'acharnement thérapeutique. Une preuve aussi des limites de cette loi, "mal appliquée, voire pas du tout", qui, selon lui, devrait être abrogée. Le président de l'ADMD, favorable à la légalisation de l'euthanasie, attend beaucoup de l'avis du Comité Consultatif National d'Ethique sur la question, attendu pour février. Une base de travail pour François Hollande, qui avait fait de la fin de vie assistée la proposition 21 de sa campagne présidentielle.

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