Viol d'une élève à La Rochelle : test ADN géant au lycée

Viol d'une élève à La Rochelle : test ADN géant au lycée

DirectLCI
ENQUETE - Un prélèvement massif d'ADN sera effectué sur 527 hommes mineurs et majeurs d'un lycée de La Rochelle pour tenter d'identifier l'auteur d'un viol en septembre dernier. Une opération exceptionnelle en milieu scolaire.

Après sept mois d'enquête infructueuse, la justice déploie les grands moyens. Lundi, les 527 hommes - 475 élèves et 52 professeurs et personnel - du lycée Fénelon-Notre-Dame de La Rochelle, théâtre d'un viol au mois de septembre, vont être soumis à des tests ADN. Du jamais vu en milieu scolaire. "C'est flippant de se dire qu'une fille a été agressée ici et que tous mes amis sont finalement un peu suspects", confie une élève de l'établissement jointe par metronews.

"Nous pouvions classer l'affaire sans suite ou nous donner les moyens d'identifier l'auteur", s'était justifiée vendredi la procureure de la République Isabelle Pagenelle, estimant qu'il y avait "une probabilité importante pour que l'agresseur soit quelqu'un de l'intérieur". C'est en effet dans les toilettes de cet établissement catholique que le viol avait été perpétré le 30 septembre 2013. Si l'adolescente de 16 ans, "agressée dans l'obscurité", n'avait pas été "en mesure de donner une description", un profil ADN masculin non connu du fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) avait pu être isolé sur ses vêtements. Il sera désormais comparé aux prélèvements buccaux effectués jusqu'à mercredi dans deux salles de cours.

Tests quasi-obligatoires

Si la loi française précise qu'il est possible de refuser ce test génétique - dont les analyses négatives seront détruites - le procureur a d'ores et déjà prévenu les récalcitrants : tout refus sera considéré comme "suspect" et pourra déboucher "sur une garde à vue". La mère d'un lycéen de Fénelon, qui a signé l'autorisation de prélèvement demandée aux parents d'enfants mineurs, nous explique "comprendre" la démarche des enquêteurs. Mais elle déplore le silence qui a entouré durant de "trop long mois" cette affaire : "Une agression sordide a été commise au sein de l'établissement où nos enfants sont scolarisés. La moindre des choses aurait été de mettre en garde les élèves et les parents au plus vite". Ces derniers n'ont en effet été informés qu'en fin de semaine, quelques heures avant l'annonce aux médias. Jusque-là, les enquêteurs avaient fait le choix de la discrétion pour ne pas créer de psychose et mener à bien leurs recherches. Qui n'ont finalement rien donné. Les résultats des tests ADN seront connus d'ici un mois.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter