Viol et meurtre d'Océane, 8 ans : Nicolas Blondiau de nouveau face à la justice

Viol et meurtre d'Océane, 8 ans : Nicolas Blondiau de nouveau face à la justice

ASSISES - Nicolas Blondiau avait été condamné à la prison à perpétuité incompressible lors de son procès en première instance. Une peine rarissime et jugée "extrême" pour ses avocats qui avaient fait appel. Le jeune homme de 28 ans, reconnu coupable du viol et du meurtre de la petite Océane en 2011, est rejugé à partir de jeudi devant la courd'assises du Vaucluse.

"Je requiers le prix du sang versé, le prix de l’innocence volée et violée d’Océane". Les mots prononcés en 2013 par l'avocat général devant la cour d'assises du Gard avaient été entendus. Nicolas Blondiau, reconnu coupable du viol et du meurtre de la petite Océane à Bellegarde en 2011, avait été condamné à la peine la plus lourde prévue par le code pénal : la perpétuité incompressible.

Jusque-là, seuls deux condamnés, Michel Fourniret et Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", avaient écopé d'un tel verdict. Un autre, Christian Beaulieu, avait vu sa peine allégée en appel. Une inflexion que réclamera également jeudi l'avocat de Nicolas Blondiau, rejugé devant les Assises du Vaucluse. "Nous voulons que la peine de sûreté n'excède pas 22 ans, plaide Me Jean-Pierre Cabannes. La perpétuité "réelle" est une peine extrême qui ne correspond pas au profil de mon client. Ce n'est pas un homme qui a baigné dans la délinquance, il n'a pas un "cursus" de tueurs en série." Un soir d'automne pluvieux de 2011 pourtant, ce père de famille décrit comme "attentionné" par ses proches avait basculé dans l'indicible.

"Il a eu peur qu'elle parle"

Sa route avait croisé celle d'Océane, autorisée pour la première fois à sortir seule de chez elle pour aller chercher un jeu vidéo chez une amie, à quelques mètres de là. "Fais vite et fais attention (…) Quand tu reviens, on passe à table", lui avait dit son père. La fillette de 8 ans n'avait aucune raison de se méfier lorsque Nicolas Blondiau lui avait proposé de la reconduire. Elle le connaissait. Devant les enquêteurs, le jeune homme de 25 ans avait expliqué avoir fumé des pétards et bu beaucoup d'alcool. Il dormait dans sa voiture depuis quelque temps, il avait des soucis avec sa compagne.

Devant les parents d'Océane qui l'avaient supplié d'expliquer son geste durant le procès, il avait préféré le silence. "Il était assommé de médicaments. Que pouvait-il dire de plus de toute manière ?, défend son avocat. Il a dit avoir eu une sorte de pulsion, il a violé une enfant de 8 ans puis a eu peur qu'elle parle..." Les experts psychologues avaient  mis en avant "des troubles de la personnalité" et un "risque de récidive élevé".

Le corps d'Océane avait été retrouvé le lendemain de sa disparition au pied d'un olivier. L'autopsie avait confirmé les agressions sexuelles et les coups de couteau portés à quatre reprises au cœur. Au lendemain de son crime, Nicolas Blondiau avait présenté ses condoléances au père de l'enfant, jurant qu'on retrouverait celui qui avait fait ça. Quelques jours plus tard, en apprenant que des prélèvements ADN allaient être effectués sur les hommes du village, c'est lui qui se rendait à la gendarmerie après avoir confessé le meurtre à sa compagne. "C'est très compliqué pour eux de réentendre, revivre le calvaire enduré par leur fille. C'est un coup de scalpel sur une cicatrice boursouflée", commente Me Béatrice Lobier-Tupin. L'avocate des parents d'Océane espère un verdict identique au premier. "Il n'y aura pas de clémence de la part des parents, c'était leur enfant unique, elle n'avait que 8 ans et elle le connaissait. Il ne peut y avoir que la perpétuité réelle pour cet homme là".
 

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