"Violence, drogue et sexe" : la Fac de Tolbiac occupée est-elle vraiment devenue un "capharnaüm" ?

"Violence, drogue et sexe" : la Fac de Tolbiac occupée est-elle vraiment devenue un "capharnaüm" ?

Société
DirectLCI
SOCIAL - Le président de l'université Panthéon-Sorbonne a de nouveau réclamé mardi l'intervention des forces de l'ordre sur le site de Tolbiac, transformé selon lui en "capharnaüm". Faux, ont répliqué dans la foulée les étudiants qui bloquent l'accès au centre pour s'opposer à la réforme de l'université.

"Je suis consterné par l'état du centre, un vrai capharnaüm !" Plus de trois semaines après le début de l'occupation de la fac de Tolbiac, le président de l'université Panthéon-Sorbonne ne reconnait plus les lieux. Pire : "La violence, la drogue, le sexe même", auraient élu domicile selon Georges Haddad au centre, situé dans le 13e arrondissement de Paris.


"On me l'a dit, et je crois que c'est vrai, il se passe des choses qui sont indignes", a déclaré Georges Haddad sur Cnews. Par exemple "des fêtes, ce qu'on appelle les rave-party : le vendredi soir, le samedi soir, des centaines de jeunes viennent festoyer au centre Tolbiac". Et le patron des lieux de dénoncer parmi les occupants "des bandits qui attendent le moment opportun pour dévaliser le centre". Le montant des dégâts ? Il serait proche "du million d'euros". N'en jetez plus.

En vidéo

Grève à la fac de Montpellier : la tension va-t-elle s'étendre dans d'autres facultés ?

"Calomnies diffamatoires"

Si les déclarations de Georges Haddad sont difficilement vérifiables, les organisateurs du blocage refusant l'accès des lieux à de nombreux médias, certains éléments sont avérés. Par exemple la tenue de fêtes : pas plus tard que samedi soir, puisqu'une de soutien à la grève des cheminot.e.s" s'est déroulée. En témoigne les nombreuses images relayées par le compte de la Commune de Tolbiac.

Concernant les violences, une altercation au moins a eu lieu. Le vendredi 6 avril, un groupe d'individus s'est rendu sur le site pour s'en prendre aux grévistes, leur lançant cocktails molotov et divers projectiles. La scène a été immortalisée par plusieurs journalistes. Sur Twitter, le collectif "Commune Libre de Tolbiac" a accusé "l'extrême-droite". 


Et quid du sexe ? Dans un long reportage effectué sur place, un journaliste du Point évoque seulement "des emballages de préservatifs (qui) jonchent le sol." 

Contacté par LCI pour réagir à ces propos, la Commune de Tolbiac n'a, pour l'heure, pas donné suite. Celle-ci a cependant dénoncé via Twitter des "calomnies diffamatoires", estimant que "les bandits ce ne sont ni les occupant•e•s, ni les mobilisé•e•s mais les CRS que vous envoyez pour évacuer, matraquer et gazer les étudiant•e•s." Et la Commune de mettre en ligne les cours proposés ce mardi aux étudiants : 'Naissance des inégalités", "atelier en non-mixité raciale" ou encore "les stratégies dans les mouvements étudiants". Des enseignements qui ne font évidemment pas partie des cursus officiels.

Avérées ou non, les faits évoqués par Georges Haddad justifient selon lui une intervention des forces de l'ordre pour évacuer les lieux. "J'attends l'intervention policière (...) Vais-je être obligé de faire directement appel au ministère de l'Intérieur ?" Une intervention qu'il réclame depuis plusieurs jours : le 11 avril, il avait demandé l'intervention de la police pour faire lever le blocage, notamment après la découverte de cocktails Molotov à Tolbiac. Seulement voilà : la police a pour l'heure exclu une opération aussi sensible dans cette tour de 22 étages. Lors de son entretien télévisé dimanche soir, Emmanuel Macron a lui-même justifié le refus des forces de l'ordre d'intervenir en raison de la "topographie" du site de Tolbiac. "C'est une tour et l'appréciation de ceux qui ont à faire respecter l'ordre, c'est que c'est presque plus dangereux (d'intervenir) que de ne pas intervenir", a déclaré le chef de l’État.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter