22% des Français déclarent avoir été victimes de maltraitances graves quand ils étaient enfants

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ENFANCE - Selon une étude Harris Interactive pour l'association L'Enfant Bleu, près d'un Français sur quatre déclare avoir été gravement maltraité au cours de son enfance. S'il est flagrant que la parole s'est libérée en quelques années, seule une minorité d'entre eux a parlé pour dénoncer ces faits dans leur entourage.

On connaissait l'association L'Enfant Bleu pour sa présence aux côtés des parties civiles, dans les affaires des petites Fiona et Inaya. Mobilisée sur les questions de maltraitance infantile, elle publie jeudi 16 novembre les résultats d'une étude réalisée par Harris Intercative, pour comprendre comment les Français se représentent les violences faites aux enfants.


Conduite du 18 au 20 octobre sur un échantillon de 1030 personnes majeures, l'enquête interroge d'abord les sondés sur leur perception de la maltraitance. On apprend ainsi que 77% des Français considèrent que la maltraitance inffantile est une cause "tout à fait prioritaire", davantage que la lutte contre les violences faites aux femmes (69%) ou contre les discriminations liées à la couleur de peau (40%). Autres faits intéressants : ils sont 57% à avoir conscience que cette forme de violence existe dans tous les milieux, et 26% à penser qu'elle reste encore complètement taboue. 

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22% des Français déclarent avoir été maltraités étant enfants

Libération de la parole

Mais ont-ils eux-mêmes été confrontés au problème ? L'enquête, sur ce point particulier, livre un chiffre impressionnant : 22%  des Français déclarent ainsi avoir été victimes de maltraitances graves (c'est-à-dire des menaces, des insultes ou des coups répétés) au cours de leur enfance. Parmi eux, 16% disent avoir subi des attouchements sexuels ou des viols. 


Concernant le lieu où se produisent les violences, là encore, les chiffres sont plutôt clairs : en effet, 68% de ceux qui disent avoir été maltraités affirment que les faits ont eu lieu au moins en partie dans le cadre de la famille. Face à ces actes graves, ils sont 19% à en avoir parlé, le plus souvent à leurs parents, mais seule une moitié d'entre eux ont ensuite été aidés dans leurs démarches. Et si la parole semble encore verrouillée sur certains aspects, il est néanmoins intéressant de comparer ces chiffres avec les résultats de cette même étude, publiée il y a deux ans. En 2015, un Français sur dix se disait touché par la maltraitance : effets possibles des hashtag "balance ton porc" et "me too", leur proportion a plus que doublé.

Un annuaire géolocalisé

Au-delà d'avoir été personnellement confrontés à la maltraitance durant leur enfance, les sondés sont également nombreux à soupçonner des cas similaires dans leur entourage. Un Français sur deux pense ainsi qu'il est probable qu'une personne de sa connaissance, parmi ses collègues, ses amis ou sa famille élargie, est ou a été maltraitée pendant l'enfance. Mais dans 19% des cas, ils ont choisi de ne pas intervenir, souvent par peur de s'être trompés. 


Profitant de ce que les langues sur le sujet semblent se délier, l'association L'Enfant Bleu a décidé de lancer une opération de crowdfunding afin de mettre sur pied une application mobile. Son but : diffuser un annuaire géolocalisé sous forme de carte interactive afin de trouver rapidement de l'aide pour un enfant en danger.

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