Violences à Nantes : qui sont les Black Blocs ?

Violences à Nantes : qui sont les Black Blocs ?

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FOCUS - Masqués et vêtus de noir, ces jeunes hostiles aux institutions mènent des actions violentes lors des manifestations alter-mondialistes. Regroupés sous l'appellation Black Blocs, ils sont mis en cause dans les affrontements de samedi entre policiers et manifestants à Nantes contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

"Cette violence venant de cette ultra-gauche, de ces Black Blocs, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers, est inadmissible et elle continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l'Etat". Manuel Valls n'a pas eu de mots assez durs ce week-end à l'égard des Black Blocs, mis en cause dans les violences entre manifestants et policiers à Nantes. Quel est ce groupuscule d'extrême-gauche impliqué dans les manifestations alter-mondialistes ? Éléments d'explications.

Les prémices du mouvement remontent aux années 1980 quand, en Allemagne, le collectif des "Schwarzer Block" milite pour la défense des squats et des lieux autogérés. L'organisation s'effiloche au fil des ans avant d'être ravivée avec l'opposition à la guerre en Irak. Mais surtout par l'altermondialisme, véritable vitrine des Black Blocs. Ces derniers avaient notamment causé des incendies et des dégradations quelques années plus tard en marge du sommet de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle en 1999 et de celui de l'Otan dix ans plus tard à Strasbourg et à Kehl (Allemagne). En France, "autour d'un millier" de personnes feraient partie de la mouvance plus large des "autonomes" - dont sont issus les Black Blocs - a expliqué à l'AFP Rémy Piperaud, auteur d'un mémoire sur le sujet à l'université Versailles-Saint-Quentin.

"Une haine des forces de l'ordre"

"Les Black Blocs forment, dans les manifestations, des groupes éphémères, dont l'objectif est de commettre des actions illégales, en formant une foule anonyme non identifiable", a abondé Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur. "C'est la raison pour laquelle ces individus portent des vêtements noirs ou très sombres, ce qui rend difficile le travail d'identification et d'interpellation. Ils s'habillent ainsi au dernier moment, et changent immédiatement de tenue une fois les exactions terminées", poursuit-il. Selon lui, ils sont "pour beaucoup issus de la mouvance anarchiste" et participent à "tous les combats alter-mondialistes violents".

"Le refus du principe de représentation est l'un des rares éléments idéologiques fédérateurs" du mouvement "constitué essentiellement de squatteurs et d'étudiants", analyse Rémy Piperaud.
"Ils ont une haine des forces de l'ordre. Dimanche, sur certaines façades à Nantes, on pouvait lire "une balle = un flic", ajoute Pierre-Henry Brandet. Selon lui, les militants présents à Nantes "sont pour une bonne partie installés au cœur de la "zad", la "zone à défendre" de Notre-Dame-des-Landes". "Ce sont eux qui, très régulièrement, prennent à partie les forces de l'ordre pour défendre ce qu'ils considèrent comme "leur" territoire".

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