Violences conjugales : quelles sont les mesures du Grenelle déjà appliquées aujourd’hui ?

Les violences conjugales ont un impact sur le monde du travail.

BILAN - Deux ans après le lancement du Grenelle contre les violences faites aux femmes, des avancées sont constatées mais les moyens engagés restent encore insuffisants, estiment les associations.

En déplacement ce vendredi 3 septembre à Saint-Lô, dans la Manche, Jean Castex a marqué le deuxième anniversaire du début du Grenelle contre les violences conjugales. Accompagné d’Elisabeth Moreno, de Marlène Schiappa et d’Éric Dupont-Moretti, le Premier ministre a rendu hommage aux "76 femmes tuées sous les coups meurtriers d’un assassin" depuis le début de l’année - 77 femmes, selon le collectif Nous Toutes qui recense les féminicides. 

Le 3919 ouvert 24h/24

À cette occasion, selon Matignon, Jean Castex doit signer une circulaire visant à généraliser des instances de coordination de lutte contre les violences afin d’éviter la déperdition d’informations pour protéger les victimes. Sur les 46 mesures retenues en 2019 après trois mois de travail, seules 36 ont été réalisées et 10 sont en passe de l’être, selon les chiffres de France Inter. 

Dernière en date : celle de l’ouverture 24h/24 et 7j/7 du 3919, ce numéro d’appel à destination des femmes victimes de violences. Sur le terrain judiciaire, on peut aussi noter la possibilité d’obtenir une ordonnance de protection dans un délai de six jours et la réquisition des armes à feu du domicile de conjoints violents après le premier dépôt de plainte. 

Un millier de "bracelets anti-rapprochement" sont également à la disposition des magistrats, conformément aux promesses du Grenelle, dont 245 sont actifs, selon les autorités. Mais ce dispositif, généralisé en décembre 2020, ne concerne pas les récidivistes, déplore Hélène de Ponsay, vice-présidente de l’Union nationale des familles de féminicides. "Les hommes déjà condamnés (…) ne sont pas dotés de bracelets anti-rapprochement", s’alarme-t-elle dans les colonnes du Monde

2310 "téléphones grave danger" sont eux aussi à la disposition des juges, dont 1625 déjà actifs, toujours selon les autorités, alors qu’il était reproché à ces téléphones de rester au fond des tiroirs.

32 millions d’euros manquants ?

Autre avancée, celle de la création de 1000 places d’hébergement pour les femmes en 2020 et de la levée du secret médical lorsque les médecins estiment que leur patiente est en situation de danger immédiat. Dans cas, ils peuvent désormais émettre un signalement au procureur de la République. Mais il reste encore beaucoup à faire, selon des associations, et d’argent à mettre sur la table contre les violences faites aux femmes, combat érigé en grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron. 

La députée Albane Gaillot attend de son côté "des engagements fermes et un budget à la hauteur de l’urgence". Sur son compte Twitter, l’élue Écologie Démocratie Solidarité (EDS) pointe "les femmes insuffisamment protégées, un manque d’hébergements spécialisés, des enfants en danger". 

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En 2021, le budget du ministère s’établit à 41,5 millions d’euros, en augmentation de 40% par rapport à 2020 à la lumière du Grenelle. Pourtant, un rapport de la Fondation des femmes estimait fin 2020 que "pour héberger et accompagner les victimes de violences, en particulier dans des structures spécialisées, il (manquait) au minimum près de 32 millions d’euros au budget de l’État pour 2021".

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