Violences, faim... les ex-otages en Syrie racontent leur calvaire

Violences, faim... les ex-otages en Syrie racontent leur calvaire

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TEMOIGNAGE - Au surlendemain de leur remise en liberté, les quatre journalistes détenus en Syrie pendant dix mois ont raconté ce lundi leur quotidien d'otages. Revenant sur les moments durs, la faim, la violence et les quelques parenthèses de détente.

Simulacres d'exécution, violences et quelques moments de détente, les ex-otages en Syrie ont témoigné ce lundi des conditions de leur détention, après avoir passé plus de 10 mois en captivité aux mains d'un groupe jihadiste .

De retour dans les locaux de sa radio, le journaliste d'Europe 1 Didier François, 53 ans, a raconté : "J'ai eu des simulacres d'exécutions, pistolet posé sur la tempe ou le front". Mais, a-t-il assuré, ces moments "ne m'ont jamais particulièrement stressé dans la mesure où on voyait trop que c'était de la pression". L'ex-otage, qui n'a pas voulu trop s'étendre sur les détails de sa détention, a tout de même évoqué un quotidien difficile, enfermé une grande partie du temps avec les trois autres otages journalistes, dans des caves "avec des portes en fer, barreaux sur tous les interstices".

Les premiers jours ont été particulièrement éprouvants : "Ils vous mettent tout de suite dans l'ambiance. La pression est très, très, très forte. Quatre jours sans manger et sans boire. Au quatrième jour sans boire, on commence vraiment à être mal, menotté à un radiateur, et (recevant) des coups. C'est un peu pour casser les velléités de résistance", a-t-il expliqué.

"Des espèces de moments surréalistes"

Interrogé par la chaîne Arte , pour laquelle il travaillait avant sa capture, Nicolas Hénin, 37 ans, est également revenu sur ces moments difficiles. "Nous avons souffert du manque de nourriture. Heureusement, on nous a donné au cours des derniers mois de quoi nous remplumer", a expliqué le journaliste. "Nous n'avions pas d'eau chaude. Moi, j'ai gardé par exemple les habits avec lesquels j'ai été capturé le 22 juin jusqu'au 23 décembre", ajoute-t-il. Avant d'évoquer les mauvais traitements : "Il y a eu également un peu de maltraitance physique, mais cela tous les prisonniers syriens y passent. La Syrie a toujours été un grand centre mondial de la torture".

Après avoir salué le travail des autorités françaises, qui n'ont cessé de leur donner "des raisons d'y croire", les anciens otages ont également évoqué les rares moments de détente. "Le premier jour de neige par exemple, les gardes sont rentrés dans la cellule, nous ont fait mettre à genoux, comme s’il allait y avoir une fouille ou quelque chose d'un peu plus brutal (…). Ils avaient amené de la neige et ils ont fait une bataille de boules de neige avec nous", a relaté Didier François avec le sourire. Et d'ajouter : "Il y a des phases dures et des espèces de moments surréalistes comme ça".

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