Le harcèlement sexuel au travail, près d’1 homme sur 4 trouve ça "acceptable"

VIE DE BUREAU - Une nouvelle étude publiée par l’ONG internationale Care pointe du doigt la banalisation des violences au travail : siffler une collègue, faire une blague sexuelle, un geste déplacé… Et le résultat fait froid dans le dos : près d’un homme sur quatre estime le harcèlement sexuel comme quelque chose d'"acceptable".

On pensait la parole libérée depuis la révélation au grand jour de l'affaire Harvey Weinstein. Et pourtant, il y a encore du chemin à faire pour que les mentalités évoluent. C’est en tout cas ce que laisse à croire la dernière étude menée par l’ONG internationale Care qui lutte activement contre les violences faites aux femmes. Bien que celles-ci attendent un changement positif sur leur environnement de travail (65%), impulsé entre autres par le mouvement #MeToo, la réalité est... toute autre. 


Près d’un homme sur quatre (23%) estime en effet que le harcèlement sexuel au travail est quelque chose d'"acceptable". "La violence au travail, c'est un phénomène global qui touche le monde entier. La France est elle aussi impactée par la violence et le harcèlement (...) Dans tous les secteurs, il y a une banalisation et une forme d'impunité", nous explique Sophie Chassot, experte des droits des femmes chez CARE France. La France, là où précisément 1 femme sur 5 déclare avoir été victime d'une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle, selon une enquête du Défenseur des droits.

Pincer les fesses d’une collègue "pour plaisanter"

L'étude a été réalisée dans 8 pays : l'Australie, l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Equateur, l'Égypte, les États-Unis, le Royaume Uni et Vietnam. On retient qu'États-Unis, 44% des hommes estiment qu’il n’y a pas de problème à faire une blague à caractère sexuel à une collègue. En Égypte, 62% des hommes pensent qu’il est normal de demander ou d’attendre des contacts sexuels de ses collègues. Plus problématique encore, le comportement de certains hommes au travail. En Inde par exemple, 33% des hommes considèrent normal de siffler une collègue. Au Royaume-Uni, pincer les fesses d’une collègue "pour plaisanter" ne pose pas de problème pour 35% des hommes. 


Le 28 mai prochain, l'organisation internationale du travail se rassemblera à Genève pour décider de la nécessité ou pas d’adopter la première convention internationale contre le harcèlement au travail. En ce sens, l’ONG a lancé une pétition pour pour tenter de "combler ce vide judiciaire". Selon nos informations, près de 12.000 signatures ont été enregistrées en l'espace d'une semaine.

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