Violences lors du 1er-Mai à Paris : pourquoi les forces de l'ordre ne sont-elles pas intervenues plus tôt ?

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MANIFESTATION - Si l'ensemble de la classe politique a unanimement condamné les violences qui ont éclaté ce mardi, en marge du traditionnel défilé du 1er mai, la droite et le FN s’en sont pris directement au gouvernement, pointant du doigt le laxisme l'intervention tardive des forces de l'ordre.

"Une journée en enfer". C’était la menace, lancée sur Facebook par un groupe de militants d’ultra gauche, à la veille de la Fête du travail. Une sommation qui s’est finalement traduite dans les faits : le défilé parisien du 1er-Mai a rapidement tourné ce mardi à l'affrontement violent entre "black blocs" et forces de l'ordre. 

Dégradations, voitures brûlées, jets de projectiles... Face à environ 1200 personnes encagoulées, selon les chiffres de la préfecture, la police a notamment fait usage de tirs de gaz lacrymogènes et de deux lanceurs d'eau, interpellant finalement 200 de ces militants radicaux. 

Le FN et LR vent debout

Si les principaux leaders de l'opposition ont unanimement condamné les violences qui ont éclaté, la droite et le FN s’en sont, eux, directement pris au gouvernement, pointant du doigt le laxisme de l’exécutif. Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a ainsi regretté de "terribles images pour notre pays", dans un tweet publié peu après. "Faillite de l'État régalien. Il est urgent de rétablir l’autorité : soutien total à nos forces de l’ordre qui font face à ces voyous", écrit le patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 


"Il doit d'expliquer", a quant à lui lancé Geoffroy Didier, le secrétaire général des Républicains, à l'adresse du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, tandis que Nadine Morano a tout simplement demandé la démission de l'ancien maire de Lyon.

Même son de cloche de la part de Marine Le Pen : "Inacceptable saccage de Paris par les milices d’extrême-gauche, galvanisées par le laxisme du pouvoir. Il est temps de frapper fort sur ces agitateurs professionnels !", a-t-elle lancé sur Twitter. "Ces milices d'extrême gauche devraient être dissoutes depuis bien longtemps. Mais le problème, c'est que le pouvoir de gauche fait preuve à leur égard d'une mansuétude et maintenant on peut presque dire d'une complicité."

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Les autorités se défendent de toute faute

Répondant à cette polémique naissante, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, est revenu sur le délai d'intervention de la police, et le retard, "inexact" selon lui, que dénoncent certains. "La chronologie des faits est là pour le montrer. Les 'black blocs', on les a vus en amont, mais ils étaient complètement intégrés à l'autre cortège. Il y avait devant eux d'autres personnes, à peu près un millier. (...) On ne pouvait intervenir sans craindre de faire des dégâts collatéraux."

Nous avons mis les forces de l’ordre à leur niveau maximalGérard Collomb, ministre de l'Intérieur

"On ne peut pas prévoir comment les choses se dérouleront exactement", a également souligné Gérard Collomb quelques instants plus tard. "Nous avons mis les forces de l’ordre à leur niveau maximal. Mais devant les 'black blocs', vous aviez 1000 personnes qui étaient présentes. Ce que nous voulions éviter, c’est que, parmi les manifestants ou les forces de l’ordre, il y ait des blessés, voire des morts", a ajouté le ministre de l’Intérieur. "Ce que cherchent des groupes comme les 'black blocs', c’est que les manifestations puissent dégénérer et entraînent des dommages physiques." Il était soutenu plus tard par Edouard Philippe, qui retenait qu'il y aurait "toujours des polémiques" dans ce type de contexte, puis par Emmanuel Macron, qui a assuré depuis l'Australie que ces deux bras droits "avaient pris les décisions qui convenaient".

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