Violences policières : une "marche pour la justice et la dignité" organisée à Paris à l'appel de familles de victimes

Violences policières : une "marche pour la justice et la dignité" organisée à Paris à l'appel de familles de victimes

PROTESTATION – Afin de dénoncer les violences policières, une "marche pour la justice et la dignité" a eu lieu ce dimanche à Paris à l’initiative de familles de victimes. Une manifestation à la résonance particulière, un mois et demi après que l’affaire Théo a éclaté.

Pendant que Benoît Hamon déclamait son discours à Bercy, ils étaient plusieurs milliers (environ 7000) en marche. Leur objectif : dénoncer les violences policières. À cinq semaines de la présidentielle et un mois et demi après le déclenchement de l'affaire Théo, du nom de ce jeune homme dont l'interpellation brutale a provoqué d’importantes manifestations en février, une "marche pour la justice et la dignité" s'est en effet déroulée ce dimanche après-midi à Paris. 

C'est la deuxième fois (après octobre 2015, ndlr) que cette marche, à l'initiative de familles de victimes, est organisée dans la capitale. Difficile, pour l’heure, de dire exactement combien de personnes ont répondu à l'appel, par ailleurs signé par diverses personnalités – du footballeur Lilian Thuram au rappeur Youssoupha, en passant par l'"islamologue" Tariq Ramadan – et une myriade d'organisations antiracistes.

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L'affaire Théo

Un dispositif de sécurité important

Mais au lendemain de l’agression de militaires à l’aéroport d’Orly, un important dispositif de sécurité a été mis en place. Le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, a d’ailleurs appelé les manifestants, sans les nommer précisément, à la "responsabilité en évitant tout débordement en ce moment de tension". Parti de la place de la Nation à 14h, le cortège s'est rendu place de la République, pour assister à un concert de 18h à minuit. 

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"L'appel a bien tourné, on est confiant, la participation sera importante", avait déclaré en amont Amal Bentounsi, l'une des organisatrices, dont le frère Amine avait été tué d'une balle dans le dos en 2012 par un policier qui vient d'être condamné en appel à cinq ans de prison avec sursis. Même son de cloche du côté de Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), pour qui "rarement l'image de marque de la police n’a été aussi dégradée". Une dégradation qui, à ses yeux, explique la résonance rencontrée par l’appel à protester : "L'affaire Théo a servi d'accélérateur."

L'affaire Théo a servi d'accélérateur- Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des Droits de l’Homme

Sur place, les manifestants marchaient derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : "Justice et dignité, stop à l'impunité policière" flanqué des portraits dessinés de 13 personnes, présentées comme victimes de la violence policière. Aux cris de "Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n'oublie pas, on ne pardonne pas", "pas de justice, pas de paix", "Police partout, justice nulle part" ou "urgence, urgence, la police assassine en toute impunité"...  Dans le cortège, flottaient des drapeaux du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), du DAL (Droit au logement), d’Attac, CGT, CNT, ballon Solidaires, et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Les bamboulas, les bougnouls, les niakoués (…) vous emmerdent". 

Fatiha Bouras, qui se présente comme la maman d'une victime, a justement demandé au micro que "la justice écoute surtout les mamans de victimes". "Il y a trop de meurtres policiers, il faut que ça cesse. Et c'est que des Maghrébins et des Blacks qui meurent", ajoute-t-elle. À l'arrière du cortège, plusieurs centaines de personnes portant capuches, cache nez et lunettes noires ont tiré des fumigènes de façon sporadique. Quelques vitrines d'établissements bancaires ont été cassées, tandis que des projectiles, dont des cocktails molotov, ont été lancés sur des représentants des forces de l'ordre, qui ont répliqué avec du grenades lacrymogènes. Deux gendarmes ont été légèrement blessés blessés et hospitalisés. En milieu de soirée, la préfecture avait annoncé 11 interpellations.

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Avec l’affaire Théo, la pression permanente des policiers de banlieue

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