Violences sexuelles dans l'armée : Le Drian sur le pied de guerre

Violences sexuelles dans l'armée : Le Drian sur le pied de guerre

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DEFENSE - Jean-Yves Le Drian présente mardi un plan d'action, annoncé comme "vigoureux", pour lutter contre les violences sexuelles et le harcèlement dont sont victimes des femmes militaires dans les armées. Un livre-enquête paru fin février avait tiré l'alerte.

La mutation ou la mise au placard. C'est le sort que l'armée française réserverait la plupart du temps à celles qui, dans ses rangs, osent briser la loi du silence quand elles sont victimes de violences sexuelles. Le constat, dressé fin février par Leïla Miñano et Julia Pascual dans leur livre La guerre invisible, avait fait trembler les murs de la grande muette. Et obligé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à commander un rapport, dont les conclusions seront dévoilées mardi.

Le plan du ministre devrait être organisé autour de quatre engagements. Premier d'entre eux ? Lever les freins qui empêchent certaines militaires de dénoncer les faits dont elles ont été victimes, comme la peur de représailles ou la crainte pour leur carrière. La Défense entend aussi accompagner son commandement pour l'aider à traiter les cas qui lui sont signalés. Outre la prévention, le ministère promet également de faire preuve de transparence et veut instaurer une politique disciplinaire en cas de harcèlement ou de violences sexuelles.

15% de femmes militaires en France

"Il faut que tous, à tous les étages, connaissent les droits, le régime des sanctions, et s'approprient ces nouvelles mesures", souligne un proche du ministre. Une réaction à la hauteur de l'impact de La guerre invisible : une cinquantaine de témoignages à l'appui, le livre dévoilait les nombreux cas de harcèlement, violences, bizutages et humiliations subis par "les Féminines". Parmi elles, le récit de Khadija avait marqué les esprits : quelques jours après avoir été "bousculée" par un ancien collègue, la soldate enceinte avait perdu son bébé.

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Si Khadija avait porté l'affaire devant les tribunaux, nombre de victimes seraient dissuadées de porter plainte en justice, voire mutées, pour préserver l'image de l'institution. Une omerta d'autant plus surprenante dans un pays dont l'armée est la plus féminisée d'Europe, avec 15% de femmes militaires.

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