"Violeurs !" : depuis l'affaire Théo, les policiers font face à une hostilité accrue en banlieue

BLUES - Depuis "l'affaire Théo" et l'interpellation très violente de ce jeune homme, les policiers de banlieue sont confrontés à une pression accrue sur le terrain. Deux d'entre eux se sont confiés à une équipe de TF1, et ils décrivent un quotidien devenu encore plus difficile, à cause d'une image fortement dégradée.

"Violeur !". Parmi les insultes qui fusaient régulièrement lors de ses interventions, jamais Eric n’en avait entendu de semblable  proférée à son encontre. Mais cela, c’était avant l’affaire Théo et les soupçons de viol qui entachent désormais la police nationale. "Dès qu’on intervient dans des halls d’immeubles, des cités, il y a ces petites réflexions", poursuit Eric, policier à la Brigade anti-criminalité (BAC) des Hauts-de-Seine. Visage caché, il témoigne auprès d’une équipe de TF1 de sa vie de flic de banlieue. Un quotidien qui s’est considérablement compliqué pour lui et ses collègues. "On essaie vraiment de prendre des pincettes et d’arrondir les angles pour que tout se passe bien. Il y a beaucoup plus de politesse. En face, il y a parfois beaucoup d’insultes", confirme Vincent, policier à la BAC du Val-de-Marne. 

Depuis l'affaire Théo, tout le monde crache sur la policeVincent, policier à la BAC du Val-de-Marne

Sur leurs gardes, les deux hommes dénoncent un climat délétère, une suspicion généralisée qu'ils vivent comme une grande injustice. "Il y a quelques mois, au moment des attentats, tout le monde disait : 'La police super,  vous êtes nos héros.' Quelques mois après, il y a cette affaire Théo et tout le monde crache sur la police. Or, dans tous les métiers il y a des brebis galeuses", s’insurge Vincent. 


Sans défendre l’agent d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) impliqué dans l'interpellation qui a tout déclenché, Eric plaide, lui, le dérapage : "Avant d’être des policiers, nous sommes des humains. Parfois, il nous arrive d'être énervés et d'intervenir alors un peu plus agressivement".

Les policiers réclament plus de moyens

La solution ? Plus de moyens dans les cités "laissées à l’abandon", plaident en cœur les deux policiers.  Et de rappeler ce quotidien qui ne fait pas forcément la Une : "Il arrive qu’on soit en minorité dans une cité. On prend des pavés. On a affaire à des dizaines d’individus. Il faut alors se retirer pour attendre les renforts et pouvoir intervenir correctement", conclut Eric.  

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