Visas : la France durcit les règles avec le Maroc, l'Algérie et la Tunisie

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FRONTIÈRES - Paris a décidé de durcir les conditions d'obtention des visas concernant trois pays du Maghreb car, selon le gouvernement, ils "refusent" de délivrer des laisser-passer consulaires.

"C'est une décision drastique". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé ce mardi l'intention de la France de durcir les conditions d'obtention des visas à l'égard du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie. A l'origine de ce tour de vis : l'attitude de ces pays qui, selon la France, "refusent" de délivrer les laisser-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés de l'Hexagone.

"C'est une décision inédite, mais c'est une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n'acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France", a justifié le porte-parole sur Europe 1, confirmant une information de la radio. Et d'expliquer : "Il y a eu un dialogue, ensuite il y a eu des menaces ; aujourd'hui on met cette menace à exécution". Selon nos informations, il a été décidé de diviser par deux les visas pour le Maroc et l'Algérie, et 30% en moins pour la Tunisie. 

Une décision prise "il y a quelques semaines"

L'attitude de ces pays "freine l'efficacité des reconduites effectives" à la frontière une fois les obligations de quitter le territoire français (OQTF) délivrées, a-t-il déploré. Interrogé sur la durée d'application de cette mesure, temporaire ou pérenne, le porte-parole du gouvernement français a indiqué qu'elle avait été "décidée il y a quelques semaines" et "va être mise à exécution" pour "pousser les pays concernés à changer de politique et accepter de délivrer ces laisser-passer consulaires".

Soulignant les visites sur ce sujet dans ces trois pays du Premier ministre Jean Castex et de membres du gouvernement, dont le ministre de l'Intérieur, ainsi que les réunions avec les ambassadeurs des pays concernés, il a estimé qu'"à un moment quand les choses ne bougent pas, nous faisons appliquer les règles".

Une décision "injustifiée" pour le Maroc

Quelques heures après les déclarations du porte-parole du gouvernement français, le Maroc a regretté la décision de la France. "Nous avons pris acte de cette décision, nous la considérons comme injustifiée", a déclaré le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, lors d'une conférence de presse avec son homologue mauritanien, Ismaël Ould Cheikh Ahmed.

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"Le Maroc a toujours géré la question migratoire et le flux des personnes, avec une logique de responsabilité et d’équilibre entre la facilitation des déplacements des personnes (...) et la lutte contre la migration clandestine", a affirmé Nasser Bourita, avant d'ajouter : "la décision (de la France) est souveraine. Le Maroc va l'étudier, mais les raisons qui la justifient nécessitent de la précision, un dialogue, car elles ne reflètent pas la réalité".

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