Vitesse limitée à 80 km/h : une expérimentation menée depuis 2015 concluante... mais trop courte

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BILAN - Le Premier ministre, Edouard Philippe, doit annoncer mardi 9 janvier la réduction de la vitesse de 10 km/h sur le réseau secondaire. De juillet 2015 à juillet dernier, une expérimentation a d'ailleurs été réalisée sur certaines routes de France. Difficile toutefois d'en connaître les conclusions.

C'est une mesure qui pourrait bientôt voir le jour et qui risque de faire grincer des dents pas mal d'automobilistes. Depuis quelques jours, des rumeurs grandissantes font état d'une annonce prochaine de la réduction de la vitesse à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur physique.


Cette mesure, révélée par nos confrères du Point le 1er décembre dernier, est source de vifs débats ces dernières années chez les acteurs de la sécurité routière, alors que la France connaît depuis 2014 une hausse constante de la mortalité sur ses routes, une situation inédite depuis 1972. Si des associations de sécurité routière affirment que cette mesure pourrait permettre de sauver de nombreuses vies, des associations d'automobilistes y sont fermement opposées, à l'instar de la Ligue de défense des conducteurs, qui a lancé une pétition pour dire "NON" à la baisse des limitations de vitesse.

Une décision prise en janvier

Le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est dit "favorable à titre personnel" à cette réduction de la vitesse. "J'y suis favorable car je sais que deux tiers des accidents se concentrent sur ces tronçons de routes nationales et départementales bidirectionnelles aujourd'hui limitées à 90 km/h", avait-il déclaré lors d'un point-presse tenu à Coubert, en Seine-et-Marne, assurant être prêt à être "impopulaire" pour défendre la mesure, avant d'ajouter : "La décision sera prise au mois de janvier", lors du Comité interministériel de la sécurité routière.


Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre et ministre de l'Intérieur, avait lancé ces derniers mois une expérimentation a minima sur 86 kilomètres de routes, avec l'aide du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (CEREMA). Cette expérimentation s'est achevée le 1er juillet dernier, sans qu'aucun résultat ne soit rendu public par les autorités. Contacté par nos soins, le CEREMA a assuré ne pas être en mesure de communiquer les résultats de cette expérimentation, la communication de ce genre de bilans incombant à la direction de la sécurité routière.

Des résultats favorables en terme d'accidentalité.Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière sur franceinfo.

Interrogé sur le sujet par franceinfo, le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, a toutefois indiqué qu'il y avait "plutôt des résultats favorables en terme d'accidentalité", assurant que cette limitation de vitesse à 80 km/h ne "provoquait pas de ralentissements". 


Ce lundi, BFM révélait un courrier d'Edouard Philippe au sénateur de Haute-Saône Michel Raison, dans lequel il révélait les résultats partiels de l'étude, notant que le nombre de morts sur ces routes avait largement diminué, sans augmenter pour autant les embouteillages sur les tronçons. Mais la durée de l'expérimentation s'est toutefois avérée insuffisante pour que sa valeur soit retenue.

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