Vitres brisées à l'hôpital Necker : les réactions de Valls et Cazeneuve ont irrité

Vitres brisées à l'hôpital Necker : les réactions de Valls et Cazeneuve ont irrité
SOCIÉTÉ

RÉPLIQUE - La façon dont une partie du personnel politique s'est emparé des actes de vandalisme contre l'hôpital Necker mardi 14 juin n'a pas fait l'unanimité, comme l'illustrent les témoignages de certains travailleurs hospitaliers et des parents d'enfants malades.

Les images de "casseurs" s'en prenant aux vitres de l'hôpital Necker, mardi 14 juin sont encore dans toutes les têtes. Difficile, cependant, d'y voir très clair, deux jours après les faits. A l'instar des nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux et témoignant des différents événements du mouvement social contre la loi Travail, la description du déroulé des événements reste floue. Des vitres brisées par des individus armés de marteaux ou de pavés, une quinzaine de parois extérieures fracturées par quelques individus cagoulés, un personnel et des patients traumatisés et... des représentants politiques indignés.

EN SAVOIR + >> "Plusieurs patients ont pensé que l'hôpital était attaqué"

"Hordes violentes" et orphelin du terrorisme

Sur fond de combat à couteaux tirés entre l'exécutif et la CGT, les ténors du gouvernement et de la majorité ont usé de mots très durs : ainsi Manuel Valls a parlé d'un hôpital "dévasté", quand Bernard Cazeneuve fustigeait "les hordes de manifestants violents" qui s'en prenaient aux "vitres de l'hôpital" où, annonçait-il en avant-première, "l'enfant des policiers tués à Magnanville était hospitalisé".

Une communication qui a rapidement agacé au sein de l'hôpital. A France TV Info , un membre de l'équipe médicale n'a pas trop apprécié que le ministre évoque le fils de Jessica Schneuder et Jean-Jacques Salvaing : "Les médecins ont besoin de tranquillité pour gérer ce petit garçon [...] devenu orphelin et instrumentalisé par l'échec politique de ce gouvernement", a-t-il asséné. Côté syndical, tout en condamnant "d'emblée les faits", on regrettait que son traitement politique et médiatique amène "à ne plus traiter le fond, l'opposition à la loi travail".

Du côté des patients et de leurs proches, cette indignation généralisée ne faisait pas non plus l'unanimité. Ainsi de cette mère de jeune patient interrogée par BuzzFeed , qui soulignait les difficultés financières de l'hôpital qui, au quotidien, ne rencontrent pas le même engouement. Malgré ce que cela suppose comme obstacles supplémentaires dans la vie de parents d'enfant malade.


Un champ lexical guerrier

Encore plus virulent, sur le site Lundi matin , on peut également lire la colère d'un parent d'enfant "très malade" de l'hôpital Necker, particulièrement remonté contre le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre. Dans une lettre ouverte, ce sympathisant du mouvement contre la Loi Travail commence par juger "idiot" le bris de vitres d'un hôpital.

Mais c'est pour mieux s'attaquer à l'incohérence de responsables politiques dont il se demande s'ils sont aussi "révoltés par les conditions de travail effarantes des personnes hospitaliers" que "par cinq vitres brisées". Pour mieux critiquer ce champ lexical guerrier ("attaque", "assaut", "dévasté", etc.) "relayé sur un plateau doré par tous les médias". Pour mieux s'indigner que Bernard Cazeneuve "rajoute à l'équation le fils des deux policiers tués avant-hier". Il conclut, écoeuré : "Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots, MM Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes".

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