Vol de l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne : les internautes scandalisés, début d’une course contre la montre pour le retrouver

Vol de l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne : les internautes scandalisés, début d’une course contre la montre pour le retrouver

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NANTES - Alors que le reliquaire a été dérobé dans le nuit de samedi, les autorités multiplient les appels aux voleurs pour qu'ils ne fassent pas disparaître cette pièce d'une valeur inestimable.

Il y a eu le choc, et l’émotion. Après l’émotion, la réaction. Il faut aller vite. Travailler en urgence. Essayer, dans la mesure du possible, de contacter les voleurs. Bref, gagner du temps. 


Car depuis que le vol de l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne à Nantes a été révélé, les autorités n’ont qu’une idée en tête : éviter que les voleurs ne fondent cet écrin, qui a une valeur patrimoniale inestimable. Ce reliquaire a été fabriqué en 1514 pour abriter le cœur d'Anne de Bretagne, qui a été inhumée à la nécropole royale de Saint-Denis, mais avait formé le souhait que son cœur repose avec ses parents, dans sa ville natale de Nantes. Et ce trésor, aisément reconnaissable, est donc invendable. 

Appels aux voleurs, proposition de rançon

Les politiques locaux, ou les responsables du musée ont passé des appels tous azimuts aux voleurs. Samedi soir, dans Presse Océan, Catherine Touchefeu, conseillère départementale, vice-présidente à la Culture et au Patrimoine, et Julie Pellegrin, directrice du musée Dobrée, choquées, demandent aux voleurs de "ne pas commettre l'irréparable !" : "Ce que nous souhaitons éviter plus que toute autre chose, c'est la fonte de ce cœur qui signerait la perte définitive de cette pièce historique d'un niveau patrimonial international. Sa valeur va bien au-delà de son simple poids en or !"


Le centre d'histoire de Bretagne/kreizenn istor Breizh en appelle lui aussi aux responsables de ce vol. "Ce coeur est un trésor de la Bretagne. Nous ne pouvons que supplier les responsables de vol de rendre intacte cette pièce essentielle à l'histoire de Bretagne", écrit l’association sur son compte Facebook. "Si nécessaire, le Chb-kib utilisera son influence pour réunir la rançon qui pourrait être demandée".

Le Département de Loire-Atlantique, propriétaire du musée et dépositaire de la pièce, a porté plainte samedi. "Les cambrioleurs s’en sont pris à notre patrimoine commun et notamment à une pièce d’une valeur inestimable", a déclaré Philippe Grosvalet, président de Loire-Atlantique. "Bien plus qu’un symbole, l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne appartient à notre Histoire". 


Côté enquête de police, tout est fait pour que les choses aillent le plus vite possible. C’est la brigade criminelle de l’antenne de police judiciaire de Nantes qui est chargée du dossier. Elle est renforcée par des "enquêteurs de la direction centrale de la PJ et par un office spécialisé", indique Ouest-France dimanche. Et la cellule "travaille en urgence" sur ce vol exceptionnel.

Les internautes sous le choc

Le musée Dobrée, dont le reliquaire était la pièce principale, a été fermé, ainsi que le parc attenant au public. L’idée : permettre aux policiers de mener leurs recherches le plus rapidement et efficacement possible. D’après les premières informations, les cambrioleurs auraient pénétré dans le musée dans la nuit, aux alentours de 3 h du matin, déclenchant l’alarme. Ils avaient sans doute repérés les lieux et préparé leur vol, car lors de l’arrivée de l’équipe de sécurité, ils avaient disparu.


Les internautes aussi font part de leur désarroi, certains n’hésitent pas à envoyer toutes les malédictions possibles sur les auteurs du vol. 

La figure d'Anne de Bretagne est en effet particulièrement connue et appréciée à Nantes, sa ville d'origine. C'est notamment elle qui a fini de construire le Château des ducs de Bretagne. Mais elle a aussi une histoire bien particulière : elle a été deux fois reine, a été belle-mère de François Ier, duchesse à 11 ans, est décédée à 37 ans après avoir vu mourir sept de ses neufs enfants… Elle a fait récemment l'objet d'une commémoration tout particulière, pour les 500 ans de sa mort, en 2014. Le reliquaire avait d'ailleurs été exposé à cette occasion.

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