Vol d’explosifs à Miramas : des failles dans la surveillance du site militaire ?

Vol d’explosifs à Miramas : des failles dans la surveillance du site militaire ?

DECRYPTAGE - Au moins 150 détonateurs et des pains de plastic ont été dérobés sur un site militaire de Miramas (Bouches-du-Rhône) dans la nuit de dimanche à lundi. Un vol qui pose la question de la protection des sites militaires en France, à l'heure où la menace terroriste est à son maximum. Selon nos informations, celui de Miramas ne faisait pas partie de la liste des bases dont la surveillance a été renforcée depuis les attentats de janvier.

Au moins 150 détonateurs, plusieurs pains de plastic et une cinquantaine de grenades. C’est le butin de guerre qui manque à l’appel ce mardi sur le site de l’armée à Miramas, dans les Bouches-du-Rhône. Un vol inquiétant qui pose la question de la protection des bases militaires, six mois après les attentats de janvier qui avaient pourtant permis un renforcement du dispositif sécuritaire.

Celui-ci a semble-t-il été insuffisant du côté de Miramas. Si la vaste enceinte de 200 hectares est entourée par deux rangées de grillage, cela n’a pas empêché les malfaiteurs de s’y introduire dans la nuit de dimanche à lundi après avoir pris le temps de le découper. Las, les enquêteurs du parquet de Marseille en charge du dossier ne pourront pas s’appuyer sur la vidéosurveillance : le site - où sont stockés des équipements pour les opérations extérieures ("Opex") menées par l’Armée de terre en Afrique - n’en comporte aucune. Quand aux militaires, s’ils sont environ 200 à fréquenter les lieux chaque jour selon Europe 1  qui a révélé l’information, il ne serait plus que quelques uns à dormir sur place la nuit, épaulés par des gardiens pour garder un œil sur les dizaines de petites maisons où reposent, à demi enterrées, les munitions.

Une quarantaine de sites bénéficient de l’Opération Cuirasse

Un sécurité en demi-teinte qui embarrasse jusqu'au au sommet de l’Etat. Interrogé ce mardi matin, le Premier ministre Manuel Valls a botté en touche, précisant n'avoir "aucune information sur ce sujet et sur les causes mêmes de ce vol". Le ministère de la Défense a, lui, annoncé l’ouverture d’une enquête de commandement "pour analyser les faits, l’organisation et les éventuelles responsabilités". En outre, une enquête interne devra évaluer "sous quinzaine la protection de l'ensemble des sites militaires de stockage de munitions". Des sites qui, en théorie, sont d’ores et déjà chaperonnés par les autorités.

C’est en effet l’une des décisions prises au lendemain des attentats de janvier. En marge de l’opération Sentinelle, chargée de renforcer la sécurité sur le territoire national en complément du plan Vigipirate, un "pendant militaire" est entré en vigueur. Son nom : le plan Cuirasse, destinée à coordonner et renforcer la surveillance des sites militaires. Selon un rapport d’information rédigé en mai à l’Assemblée nationale par la Commission de la défense nationale et des forces armées, celle-ci nécessite 2.000 hommes. Problème : les effectifs annuels "ne laissent pas de marge" pour les mobiliser sur le long terme. "En conséquence, pour cette mission comme pour l’opération Sentinelle, le ministère doit recruter", assure aux membres de la Commission, le directeur des ressources humaines du ministère. Surtout que, selon le chef d’état-major de la Marine, certains militaires participant à ces opérations seraient "en situation de pression extrême".

Fort ce de constat, le rapport évoque une "équation RH très tendue" au sein de l’armée de terre. Celle-ci implique-t-elle de faire des choix ? Selon nos informations, une quarantaine de sites sensibles – dont douze en Ile-de-France - bénéficient du plan Cuirasse depuis janvier. Or, la base de Miramas n’en ferait pas partie. Contacté par Metronews, l’état-major n’a pas encore réagi. "Il y a un vrai problème sur la protection d’un certain nombre de sites militaires," nous explique Alain Marleix, ancien Secrétaire d'État à la Défense. Celui qui siège aujourd’hui à la Commission de la défense à l’Assemblée nationale s’interroge après ce vol dans les Bouches-du-Rhône : "Comment les malfaiteurs sont-ils entrés sur place ? Y a t il eu des complicités ? Imaginez qu’on retrouve des traces de ces explosifs dans des attentats..."

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