Vols de combinaisons anti-armes chimiques à Necker : "On rentre ici comme dans un moulin"

Vols de combinaisons anti-armes chimiques à Necker : "On rentre ici comme dans un moulin"

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ENQUÊTE - Une dizaine de combinaisons et de nombreux équipements résistants aux agents chimiques ont été volés mercredi 18 novembre dans l'enceinte de l'hôpital Necker (15e). Alors que l'AP-HP a porté plainte et qu'une enquête est ouverte, les syndicats rappellent qu'ils alertent depuis des mois leur hiérarchie sur les failles dans la sécurité des hôpitaux parisiens.

"Dix combinaisons, trente-trois paires de surbottes, vingt-six tabliers et plusieurs casaques imperméables, quand on sort ça de l'hôpital, ça ne passe pas inaperçu. Si la sécurité était suffisante à l'hôpital Necker, ça ne serait jamais arrivé" commente auprès de metronews un représentant du syndicat CGT Necker. Le vol de ces équipements résistants aux agents chimiques a eu lieu mercredi 18 novembre dans l'enceinte de l'établissement du 15e arrondissement qui accueille des enfants (400 lits) et des adultes (200 lits).

"Il s’agit d’éléments de tenues, en nombre limité, entreposés parmi d’autres matériels dans un local sous code mais auquel beaucoup de personnes ont accès pour l’approvisionnement en matériel courant, a indiqué l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dans un communiqué . L'AP-HP précise que "l’hôpital Necker est un centre de référence pour la prise en charge des patients pouvant être atteints par le virus Ebola" et qu'il "dispose donc d’un stock important de tenues. Le local est contrôlé une fois par semaine". Selon nos informations, le local avait été en effet contrôlé le vendredi 13 novembre, soit cinq jours avant que l'infraction ne soit commise.

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"On rentre ici comme dans un moulin"

"Se dire que cet événement survient cinq jours après les attentats, dans un contexte ou le plan Vigipirate est à son niveau le plus élevé, c'est incroyable !" s'étonne un soignant sous couvert d'anonymat. Le syndicat CGT affirme que depuis des mois, il avait alerté sa hiérarchie concernant le manque de contrôle. "Même avant Charlie Hebdo, nous avions dit que les mesures de sécurité devaient être renforcées et il n'y a rien eu ! nous affirme un autre représentant CGT. On rentre ici comme dans un moulin, comme dans tous les hôpitaux de France d'ailleurs ! A l'entrée de Necker, au 149 rue de Sèvres, les piétons sont contrôlés et les sacs regardés. Mais pour ce qui est des véhicules, camions ou voitures, qui passent par le 162, c'est autre chose... L'intérieur n'est pas fouillé. On peut faire rentrer et sortir ce qu'on veut !"

Des "économies de sécurité" ?

Selon les syndicats, l'hôpital cherche, depuis des années, des économies par tous les moyens, notamment la sécurité. Ainsi à Necker, seule une dizaine d'agents de la société Isopro assurent la surveillance de l'établissement - une vingtaine en tout se relaye. "Il y a 4 200 agents médicaux et para-médicaux qui travaillent ici, et plus de 500 malades qui sont soignés, c'est un peu léger non ?" s'indigne un membre du personnel de l'hôpital. Dans les 24 heures qui ont suivi le vol, la sécurité a été renforcée. Sur les cinq entrées, dorénavant seule l'entrée principale reste ouverte et six agents de sécurité sont venus en renfort. La vidéosurveillance devrait également être renforcé.

Mais tout ceci reste "très insuffisant" selon Philippe Goujon, député-maire LR du 15e arrondissement. "Ces mesures de sécurité ne sont pas du tout à la hauteur de ce que représente la situation, déclare l'élu. Il faut impérativement des vigiles et des patrouilles dans les hôpitaux. A Paris, certains n'ont visiblement pas pris la mesure de la situation de guerre dans laquelle nous sommes".

Le jeudi 19 novembre, Manuel Valls, Premier ministre, a mis en garde contre le risque d’armes chimiques ou bactériologiques. Une attaque de ce type en France fait "partie des risques", mais "toutes les précautions sont prises" pour l’éviter, avait pour sa part assuré dimanche le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

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