TÉMOIGNAGES - Vos galères, vos plans B... La grève SNCF racontée par les usagers

TÉMOIGNAGES - Alors que les cheminots font grève 2 jours sur 5 depuis bientôt deux mois, comment s'organisent les usagers réguliers ? Entre ceux qui continuent à prendre le train, ceux qui découvrent le bus ou le covoiturage et ceux qui ne s'en sortent pas, LCI a recueilli leurs témoignages.

Usagers réguliers de la SNCF, ils tentent de s’organiser depuis deux mois et le début de la "grève perlée" des cheminots, qui se mobilisent deux jours sur cinq contre la réforme de la SNCF. Pour comprendre comment s’organisent ces usagers, LCI a lancé un appel à témoins, auquel plusieurs dizaines de personnes ont répondu.


Entre ceux qui doivent continuer à prendre le train faute d’autres solutions, ceux qui se sont reportés sur d’autres moyens de transport ou ceux qui ont pu aménager leurs conditions de travail, les situations sont variées. Mais un sentiment est largement partagé : la lassitude.

Notre petit de 21 mois va chez la nourrice à 5 heures du matin"Ti Nana"

Une bonne partie des usagers qui ont répondu à notre appel se sont reportés sur la voiture pour leur trajets quotidiens. C’est le cas d’Aude, qui se présente comme une "consultante" faisant "plus de 35.000 km par an". "Au début des grèves, j’ai pris la voiture pour ne pas annuler mes missions, avec au compteur 5.000 km en cinq jours, affirme-t-elle. Je suis épuisée, j’ai pris des risques en jouant avec la fatigue sur la route. Depuis j’ai reporté mes missions." Avec pour conséquence une "perte de chiffre d’affaires".


Pour Ti Nana, qui témoigne sur notre page Facebook, le trajet entre Compiègne et Gare du Nord s’est aussi compliqué. "Quand mon mari est du matin, j’essaie de faire en sorte de partir avec lui, mais notre petit de 21 mois va chez la nourrice à 5 heures du matin", indique-t-elle. Le soir, elle dit devoir attendre 3 heures à Gare du Nord pour rentrer chez elle.

En vidéo

VIDÉO - SNCF : bientôt la fin des petites lignes ?

 Avec d’autres usagers, ils pointent les surcoûts liés à cet usage de la voiture, qui s'additionnent au prix de l'abonnement SNCF qu'ils continuent de payer. C'est aussi le cas de Marie-Christine, qui dit être "obligée de [s]'arranger avec des amis pour le covoiturage, mais avec des horaires différents". Parfois, chacun doit donc prendre sa voiture. Emma a également testé le covoiturage, sa tentative a tourné à la mésaventure avec le conducteur : "SMS en conduisant", "pneus non adaptés à la voiture". Bref, une "mauvaise expérience" qu'elle ne renouvellera pas.

J'ai découvert Ouibus, c'est superJean-Marc

D'autres usagers, comme Micha ou Jean-Marc, disent avoir opté pour le car. "J'ai découvert Ouibus, c'est super", lance même Jean-Marc. Ironie du sort, c'est la compagnie de la SNCF qui semble trouver grâce à ses yeux. Angélique prend désormais le bus, mais tente également de profiter de la voiture de son mari ou de ses collègues, car "les trains Seine-et-Marne express sont blindés au départ de Melun les jours de grève".


Malgré les difficultés, certains continuent de prendre le train en faisant un bout d'étape en voiture. Comme Erwan, qui doit "attraper le RER A au lieu de D qui est à 1 minute de chez moi". En tout, cela représente pour lui "1h de trajet supplémentaire par jour et 12 euros par semaine de parking". Kevin, lui, part avec "deux heures d'avance sur ses horaires de travail" lors des jours de grève, pour faire le trajet Lille Flandres-Douai. "Les allées du train son remplies d'usagers debout", décrit-il.


Comme Kevin, plusieurs témoins bousculent leur organisation du travail à défaut de changer leur mode de transport. C'est le cas de "JB" et "Mel", qui nous écrivent sur Facebook. "Mon entreprise met en place le télétravail et j'ai adapté mon jour, fixe normalement, en fonction des jours de grève", explique "JB", qui  précise avoir eu "l'accord de la DRH pour cette flexibilité".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Réforme de la SNCF : bras de fer entre le gouvernement et les syndicats

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter