"Actes de barbarie", "protocole de la bavure" contre les migrants à Calais : Yann Moix accuse Emmanuel Macron

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INDIGNATION – A Calais, les exactions des forces de l’ordre contre les migrants sont légion, selon Yann Moix. Dans une tribune publiée dimanche dans "Libération", l’écrivain s’en prend à Emmanuel Macron, qu’il tient pour principal responsable.

La situation des migrants à Calais révolte au plus haut point Yann Moix. Et les récentes déclarations d’Emmanuel Macron n’ont fait qu’amplifier son indignation. Si bien que l’écrivain a dégainé sa plume pour s’adresser directement au président : "Je ne suis pas, comme vous dites, un ‘commentateur du verbe’ : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double", assène-t-il dans une tribune publiée dans Libération


Et d’assurer qu’Emmanuel Macron laisse "perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés" et que "des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement".

Des "actes de barbarie"

Pour mémoire, le chef de l’Etat avait salué le travail des forces de l’ordre mardi dernier lors de sa visite à Calais, déclarant notamment : "Le travail de policier est peu reconnu, souvent caricaturé. Les critiques ne visent qu’un but : mettre à mal la politique mise en œuvre par le gouvernement". De quoi faire sortir Yann Moix de ses gonds. "Saccages d’abris, confiscations d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président", martèle-t-il, témoignages et vidéos à l’appui. 


Des "actes de barbarie" que l’écrivain impute à Emmanuel Macron : "Soit les forces de l’ordre obéissent à des ordres précis, et vous êtes impardonnable ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit", souligne l’auteur dans sa tribune, évoquant "l’instauration d’un protocole de la bavure". Avant de faire un parallèle avec les crimes perpétrés par les forces de l’ordre françaises pendant la guerre d’Algérie.  

Des accusations corroborées par de nombreux témoignages

Pour appuyer son propos, Yann Moix cite enfin les conclusions d’un récent rapport de la "mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois" : "L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage disproportionné des aérosols lacrymogènes, la destruction d’affaires appartenant aux migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation]". 


En juillet dernier, l’association l’Auberge des migrants s’était insurgée dans nos colonnes contre les policiers de Calais, assurant que ces derniers empoisonnaient sciemment des bidons d’eau destinés aux migrants. Des accusations balayées à l’époque par la préfecture du Pas-de-Calais. Laquelle a d’ailleurs fustigé les accusations de Yann Moix dimanche : "Le préfet du Pas-de-Calais m’a appelé, furieux, osant se réclamer de Jean Moulin ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent". 

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