YouTube : Dieudonné sanctionné pour son "année de la quenelle"

YouTube : Dieudonné sanctionné pour son "année de la quenelle"

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JUSTICE - Le tribunal de grande instance de Paris a ordonné mercredi à l'humoriste controversé Dieudonné de retirer deux passages de la vidéo "2014 sera l'année de la quenelle" diffusée sur son compte YouTube.

"2014 sera l'année de la quenelle !", lançait bravache Dieudonné à ses fans début janvier dans une vidéo postée sur YouTube. Mais la séquence, vue par plus de 3,4 millions de personnes, pourrait bientôt passer aux oubliettes. La justice a en effet ordonné à l'humoriste dans la tourmente de retirer deux passages.

Saisi en référé – une procédure d'urgence – par l'Union des étudiantes juifs de France (UEJF), le tribunal de grande instance de Paris a notamment estimé que le premier passage constitue une "contestation de crimes contre l'Humanité" et le second une "provocation à la haine raciale". L'UEJF n'entend pas en rester là : elle compte à présent saisir le parquet "pour que les poursuites pénales qui s'imposent soient engagées à son initiative", a déclaré l'avocat de l'association, Stéphane Lilti. D'autre part, elle va demander à YouTube de "se rapprocher des associations pour voir dans quelles conditions ils respecteront à l'avenir leurs obligations légales".

"Moi les chambres à gaz j'y connais rien"

Dans la vidéo litigieuse, Dieudonné déclarait notamment: "Je suis né en 66, donc j'étais pas né (...) moi les chambres à gaz j'y connais rien, si tu veux vraiment je peux t'organiser un rencard avec Robert", en allusion à l'historien négationniste Robert Faurisson. Ce passage reprenait un extrait de son spectacle "Le Mur", interdit dans plusieurs villes françaises en raison notamment de ses passages jugés antisémites. Une blague qui n'a visiblement pas fait rire le juge Marc Bailly.

Rappelant le "contexte plus général des déclarations" de Dieudonné, "dont certaines lui ont valu des condamnations pour injure, diffamation et provocation à la haine antisémite", le juge a estimé qu'il "ressort bien de cette formulation (...) une contestation" de crime contre l'Humanité. Dans son ordonnance, le magistrat considère que "l'humour invoqué" par la défense de Dieudonné "n'apparaît que comme le moyen de véhiculer publiquement des convictions en "testant les limites de la liberté d'expression" - en l'espèce dépassées - et non comme le ressort d'un sketch comique et provocateur dont les excès pourraient être admis".

La décision prévoit une astreinte de 500 euros par jour de retard constaté pour chacun des passages si Dieudonné ne les retire pas dans un délai de cinq jours à compter de la signification de l'ordonnance. Un ultimatum que Dieudonné a semble-t-il décider de mettre à profit : ce mercredi après-midii, la vidéo était toujours en ligne.

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