Le bébé panda du zoo de Beauval baptisé Yuan Meng : mais au fait, que symbolise le panda ?

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ON APPREND - Une cérémonie d'un genre un peu particulier a lieu ce lundi au zoo de Beauval : la cérémonie du prénom, au cours de laquelle le petit panda du zoo né cet été, a reçu son prénom officiel, Yuan Meng.

Ces deux yeux noirs qui dégoulinent, cet air doux, tranquille, cette capacité à mâcher ou ruminer pendant des heures d’un air méditatif... Le panda déclenche chez le genre humain un réflexe inexpliqué : inévitablement vous le trouvez trop mignon, et ressortez de l’entrevue avec l’envie de faire des bisous à tout le monde. Mais le panda, ce n’est pas que ça. 


C’est d’abord, en Chine, un animal mythique, un trésor national. Là-bas, le panda, qui date de la même époque que les dinosaures, est sacré. Et il n’est souvent pas considéré comme un simple animal, mais comme un véritable symbole national. Au point que pendant longtemps, tuer un panda a été passible de la peine de mort. La sentence n'a été adoucie qu'en 2010, pour être remplacée par de la prison. 

Les Occidentaux ont découvert ce panda géant au 19e siècle par l'intermédiaire du missionnaire français Armand David qui a trouvé le premier cet "ours blanc et noir". Il décrivait alors, enthousiasmé, le "dessous des pattes très poilu", la "queue très courte", le "museau plus rond que celui de l'espèce noire" qui "lui donne un air moins méchant". "Je n'ai point observé dans les cabinets d'Europe cette espèce qui est bien la plus jolie du genre que je connaisse", s'enflamme le religieux dans ses carnets de voyage. Dans la foulée, l'exposition d'un spécimen au Musée naturel de Paris provoque une vive curiosité en 1870. 


Le nom panda signifie littéralement en tibétain "chat-ours", pour cette famille qui habite surtout dans les régions montagneuses du centre de la Chine. Et en effet, outre sa couleur tranchée, le panda est un curieux mélange : il appartient à la famille des ursidés, mais ses pupilles sont fendues verticalement, comme celles des félins. Le panda géant est habituellement représenté en train de manger paisiblement du bambou – il peut en ruminer 14 heures d’affilée, ce qui ajoute à son image d'innocence. En effet, bien que classé parmi les carnivores, cet animal se nourrit principalement de végétaux.

Symbole de gratitude

Dans les relations diplomatiques, le panda géant est un symbole de l’amitié et de la paix. La Chine a ainsi fait cadeau de 14 pandas géants à des pays occidentaux de 1936 à 1945 en geste de gratitude. Le site Le Quotidien du peuple en ligne raconte que lors de l'avènement de la Chine communiste en 1949, le premier panda géant offert en cadeau à l'étranger l'a été en 1955. Il s'agissait d'un geste à l'égard de l'URSS. En 1972, c’est le président américain Nixon qui a reçu du gouvernement chinois un couple de pandas géants. Au total, de 1955 à 1982, la Chine a fait don de 24 bêtes à 9 pays. "C'est ainsi que cet animal est devenu une sorte d'ambassadeur symbolisant entre autres le sentiment de l'amitié et de la paix du peuple chinois", détaille le site. En 2002, seulement 15 de ces "pandas ambassadeurs" étaient encore vivants.


A partir de 1985, le gouvernement chinois a arrêté d’offrir des pandas. Mais beaucoup de pays ont commencé à "inviter" chez eux ces pandas. Le petit panda du zoo de Beauval, né de parents prêtés à la France, appartient ainsi de fait à la Chine. Une fois sevré de sa mère, vers l’âge de 3 ou 4 ans, il sera rapatrié vers le pays pour être remis en liberté dans une réserve naturelle.

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Le panda, arme diplomatique chinoise

Symbole de la protection des espèces

L’animal est mythique, au point qu’il est devenu le symbole de l’association de sauvegarde de la nature, WWF, depuis sa fondation en 1961. Il est  même désormais un symbole global de lutte contre la disparition des espèces. Longtemps lui-même  menacé,  le panda géant vient cependant d'être déclassé en tant qu’espèce "en danger" pour rejoindre les espèces dîtes "vulnérables" sur la liste mondiale de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature). Du mieux donc : depuis une dizaine d’années, les effectifs du panda géant augmentent très légèrement. Mais il demeure une espèce à surveiller : son habitat rétrécit sans cesse en raison de l’essor démographique et des activités humaines, qui empiètent toujours plus sur les parcelles de forêts de bambous. Sa population dans le monde était estimée à 1 864 individus en 2013.


Dans un registre plus "spirituel", l’animal est aussi le  symbole d’une "force tranquille et de détermination", nous apprend animal-totem.fr. Il combine en effet "force et douceur ", "paix extérieure ou intérieure", chance, perspective positive sur la vie, connexion avec la sagesse orientale. "Sous sa douceur apparente, ce totem nous rappelle l’importance d’établir un périmètre clair afin de délimiter l’espace de notre vie privée et de nous sentir en sécurité dans notre monde", détaille le site. Enfin, sachez que si vous avez le panda comme animal totem, "vous pouvez être enclin à être assez émotionnel." 

Poule aux oeufs d'or

Outre le fait d'être incroyablement mignon, ou en raison de cela, le panda est sans doute une poule aux œufs d’or : ses hôtes étrangers déboursent en effet plus de 800.000 euros par an pour l'héberger. La somme est versée à un programme chinois de conservation de l'espèce, comme l’expliquait le directeur du zoo, Rodolphe Delord, sur TF1. Impossible de mesurer les retombées économiques, que le zoo ne communique pas. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il bénéficie depuis d’une couverture médiatique hors norme. Pas étonnant donc, qu’il utilise l’image de ses pandas... jusque pour ses décorations de Noël. 

Le petit panda du zoo de Beauval a donc, lui, été baptisé ce lundi après-midi, au cours d'une cérémonie du prénom, en présence de Brigitte Macron, sa marraine. Il s'appelle Yuan Meng.

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