Grossesse, naissance, cérémonie du nom... Yuan Meng, le bébé panda, est un joli jackpot pour le zoo de Beauval

DirectLCI
ANIMAL BUSINESS - Le petit panda, qui a reçu comme prénom Yuan Meng ce lundi après-midi, mobilise l’attention du public et des médias. Avoir un panda est en effet un atout pour les parcs zoologiques.

Impossible de savoir pourquoi mais le panda fascine le genre humain. C’est un fait. Alors, forcément, quand en août dernier, Mini Yuan Zi -officiellement baptisé Yuan Meng ce lundi par Brigitte Macron- est né au zoo de Beauval, dans le Loir-et-Cher, les images ont tourné en boucle, dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Nouveau coup de projecteur pour ce zoo, qui fait déjà très souvent parler de lui, depuis 2012, date à laquelle il a réussi à accueillir un couple de pandas prêtés par la Chine. Yuan Zi et Huan Huan sont vite devenus des stars. Et c’est tant mieux. Car ce "prêt" de la Chine à la France a un coût, que les directeurs du zoo laissent soigneusement mystérieux. 


D’après les différentes données, pour accueillir chez soi un panda, un zoo doit débourser chaque année de 750.000 euros  à un million d’euros. Une somme conséquente, qui va à un programme chinois de conservation de l'espèce. A cette jolie enveloppe s’ajoutent d’autres frais. Tout d’abord, le régime adapté pour ces invités : 35.000 euros par an de bambous. Ensuite, les conditions de leur bon hébergement : la construction d’une zone spécifique de 35 hectares pour les accueillir, pour la coquette somme de 5 millions d’euros. Ces sommes sont tellement élevées qu’on imagine aisément que les retombées financières doivent être largement à la hauteur. 

Un couple star qui remplit le zoo

Et en effet, Yuan Zi et Huan Huan sont vite devenus les ambassadeurs du zoo, qui a su utiliser et décliner leur image pour sa communication extérieur.  Et ça marche : le couple star remplit les salles - ou tout du moins les allées du parc. Depuis son arrivée  dans le Loir-et-Cher, le zoo a vu sa fréquentation grimper de 60%. Un véritable boom, comme le raconte la directrice de communication aux Echos : "En 2011, nous avions enregistré 600.000 entrées, et en 2012 nous sommes passés à un million". Et ça a continué à grimper : en 2016, le public est venu en masse, après l’annonce de la grossesse de l’heureuse maman, au point que le zoo a atteint les 1,35 million en 2016.

Le chiffre d'affaires a bondi en conséquence. Il est passé de 22 millions pour la saison 2011 à 31 millions en 2012. En 2015, le bénéfice du zoo était quant à lui chiffré à 2,5 millions d'euros. Les pandas, on aime tellement ça, que ce serait dommage de s’en priver chez soi... Le zoo a décliné les produits dérivés, qui partent comme des petits pains. En 2016, les visiteurs auraient ainsi dépensé environ 4 millions d’euros en souvenirs. 

Et tant qu'à faire, autant mettre des pandas pour les décorations de Noël...

Pandamania

Effet panda ou pas, les visiteurs sont aussi restés plus longtemps au zoo : ils ont dépensé 12 millions en hébergement. Des bénéfices grimpants (2, 5 millions d’euros en 2015), qui ont permis au parc d’investir dans de nouvelles infrastructures, comme la réserve des hippopotames, la terre des lions, mais aussi... dans un hôtel supplémentaire, en 2015, ouverture qui a encore boosté les résultats.  


Ces pandas ont également conféré au parc une aura nationale... grâce à une couverture médiatique à toute épreuve. Désormais, toute l’actualité des pandas de Beauval est racontée, détaillée, déclinée, sur la plupart des médias nationaux : l’arrivée du couple, l’annonce de la grossesse, l’accouchement, la cérémonie du nom... Un feuilleton sans fin, fidèlement retranscrit sur les réseaux sociaux, que le public suit fidèlement. 

Et l’arrivée du tout petit pourrait bien marquer une nouvelle escalade de cette pandamania. L’annonce de la grossesse de la maman avait déjà été à l'origine d'un nouveau pic de fréquentation. Et la naissance – suivie par 26 millions de curieux sur les réseaux sociaux - augure de nouveaux succès : France Bleu Touraine rapportait en août dernier que la direction recrutait plusieurs dizaines d’emplois essentiellement dans la restauration et l'hôtellerie. Elle se prépare notamment à la présentation au public du bébé panda, jusque-là préservé des regards, au public le 13 janvier prochain, d’après la Nouvelle République. 


En attendant cette sortie officielle, le bébé panda couve donc des jours heureux avec sa mère Huan Huan, dans une loge intérieure à l'abri du public... Mais avec une intimité toute relative : la loge est équipée d’une caméra, permettant au public, via un écran, de voir des images diffusées du petit bébé. Il est vrai que Yuan Meng, en plus d’être une potentielle poule aux œufs d’or, est un évènement rarissime, encore plus quand cela se produit en captivité : les femelles pandas ne sont fertiles que 48 heures par an, et de leur côté les mâles ont la réputation d’avoir une libido à peu près proche de zéro... Yuan Meng - et le chiffre d'affaires du zoo - doivent donc la vie à une insémination artificielle. Ils ont quelques années pour en profiter : quand il sera sevré, le petit bébé sera rendu à la Chine, à laquelle il appartient, pour vivre dans une réserve naturelle.

Plus d'articles

Sur le même sujet