La jeune femme qui a posé pour "L'Origine du monde" a enfin un visage

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ÉNIGME RÉSOLUE - Il aura fallu 152 ans pour mettre un visage sur un sexe qui a fait couler beaucoup d'encre. Un livre à paraître la semaine prochaine dévoile l'identité du modèle du célèbre tableau. Une trouvaille que l'on doit à une erreur repérée dans une lettre d'Alexandre Dumas fils. Explications.

C'est une œuvre au titre aussi poétique qu'évocateur. Le nom de celle qui s'est déshabillée pour "L'Origine du monde" de Gustave Courbet est révélé dans un livre à paraître le 4 octobre. Selon Claude Schopp, auteur de L'Origine du monde, vie du modèle, c'est l'ancienne danseuse de l'Opéra de Paris Constance Quéniaux qui a accepté de poser dénudée. Cette trouvaille, qui met fin à une énigme que le monde de l'art cherche à percer depuis 152 ans, est le fruit du hasard, raconte son auteur à l'AFP.

"D'habitude je trouve en travaillant beaucoup, là j'ai trouvé sans chercher. C'était injuste", se souvient le chercheur qui s'est appuyé sur la correspondance entre Alexandre Dumas fils et George Sand pour étayer sa théorie. Dans l'une des missives datant de juin 1871, il remarque une coquille dans la phrase suivante : "On ne peint pas de son pinceau le plus délicat et le plus sonore l'interview de Mlle Queniault (sic) de l'Opéra". Le mot "interview" était en fait "intérieur", renvoyant ainsi aux parties intimes de la danseuse qu'a magnifiées Courbet sur sa toile.

Des photos d'elle sont conservées à la Bibliothèque nationale de France

"Ce témoignage d'époque découvert par Claude me fait dire que nous avons la certitude à 99% que le modèle de Courbet était bien Constance Quéniaux", assure à l'AFP Sylvie Aubenas, directrice du département des estampes et de la photographie de la BnF, qu'a consultée Claude Schopp après sa découverte. Elle détaille aussi que "la noirceure de la chevelure de Constance et ses 'beaux sourcils noirs' sont plus conformes à la luxuriante pilosité du modèle" que celle de l'Irlandaise Joanna Hifferman, maîtresse de Courbet à l'été 1866 dont le nom avait déjà été associé au tableau. La BnF a publié sur Twitter les premières reproductions de photos de Constance Quéniaux qu'elle détient.

En 1866, date de réalisation de "L'Origine du monde", la jeune femme de 34 ans n'est déjà plus danseuse et est une des maîtresses de Khalil-Bey. Ce diplomate turco-égyptien n'est autre que le commanditaire de l'oeuvre à Courbet. Quoi de plus naturel alors que de faire représenter le sexe en gros plan de l'une des femmes qui partage sa vie ? L'AFP évoque enfin un dernier détail qui vient étayer la théorie autour de Constance Quéniaux. Une toile représentant un bouquet de fleurs avec, en son centre une plante grasse qui tend vers le spectateur une profonde corolle rouge, épanouie et ouverte, a été découverte après sa mort en 1908.  A l'identique du tableau dont elle est le modèle.

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