4 Oscars pour "Parasite" : pourquoi on adore Bong Joon-ho

4 Oscars pour "Parasite" : pourquoi on adore Bong Joon-ho
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HISTORIQUE – Le film du réalisateur coréen Bong Joon-ho a triomphé aux Oscars ce dimanche 9 février avec 4 statuettes. Meilleur film, meilleur film international, meilleur scénario original et meilleur réalisateur pour Bong Joon-ho dont la filmographie renferme ce qu’il y a de meilleur dans le cinéma sud-coréen actuel. Décryptage.

Bong Joon-ho superstar ?  En devenant le premier long-métrage en langue étrangère à obtenir l'Oscar du meilleur film et du meilleur film international (une catégorie auparavant appelée "meilleur film en langue étrangère"), le réalisateur coréen est entré dans l'histoire ce dimanche 9 février à Los Angeles. Palme d'or du dernier Festival de Cannes, ce thriller doublé d'une satire corrosive sur les inégalités sociales, a réussi à faire tomber les barrières linguistiques pour rafler quatre Oscars (dont celui meilleur scénario original et meilleur réalisateur pour Bong Joon-ho). 

"Quand vous aurez surmonté la barrière des deux centimètres de sous-titres, vous découvrirez des films étonnants", avait lancé avec humour Bong Joon-ho en recevant un Golden Globe le mois dernier. Si la réputation du réalisateur n’est plus à faire auprès des cinéphiles, "Parasite" a tout pour élargir le cercle de ses fidèles. LCI vous livre les clés de sa filmographie, aussi impeccable qu'addictive...

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Son art de mélanger les genres

Bong Joon-ho, 49 ans, a réalisé 7 films en près de 20 ans. Moins stakhanoviste que certains de ses collègues, il a besoin de se renouveler dans la forme pour trouver l’inspiration, même si les thèmes qu’ils abordent restent sensiblement les mêmes. Ce qui explique pourquoi il s’est déjà essayé à la comédie ("Barking Dog"), au polar ("Memories of Murder"), au drame ("Mother"), à la SF ("Snowpiercer", d’après la BD française "Le Transperceneige") et par deux fois au film de monstre ("The Host" et "Okja"). "Parasite" est à la croisée des chemins, avec cette fois un art vertigineux du huis clos où les relations humaines font mal. Très mal.

Son regard acéré sur la société

Avant de réaliser ses premiers court-métrages, Bong Joon-ho a étudié la sociologie. Ce qui explique sans doute pourquoi il adore croquer les grandes névroses et les petits travers de ses contemporains, confrontés à la violence du système. La police, l’armée, la justice, les médias… Tout le monde en prend pour son grade. Dans "Parasite", c’est l’écart grandissant entre riches et pauvres qu’il dénonce, aussi impitoyable avec le mépris des premiers qu’avec l’envie des seconds. On sent bien sûr vers qui va sa préférence. Mais son cinéma n’est jamais manichéen, ce qui le rend d’autant plus imprévisible. 

Son sens inné du spectacle

En interview, Bong Joon-ho vous parlera volontiers de politique, d’écologie ou d’économie. Mais ce solide gaillard au sourire permanent cherche avant tout à divertir, l’une des grandes forces du cinéma sud-coréen de manière générale. C’est pourquoi ses intrigues machiavéliques, dignes des meilleurs thrillers littéraires, réservent toujours la place à de purs instants de magie visuelle qui n’ont rien, mais alors vraiment rien à envier aux superproductions hollywoodiennes. Il y en a plein dans "Parasite", mais on vous laissera juger par vous-mêmes…

Son grand cœur aussi

Même si on ne peut pas lui reprocher de faire dans le mélo, le cinéma Bong Joon-ho conserve toujours une dimension sentimentale, limite mièvre diront ses rares détracteurs. Avec cette idée récurrente que les liens qui unissent les parents à leurs enfants sont plus forts que tout. C’est cette mère courage qui lutte pour défendre son fils handicapé, accusé de meurtre dans "Mother". Ou ce père débonnaire qui brave un blocus militaire pour tirer sa fille des griffes du monstre dans "The Host". "Parasite" n’échappe pas à la règle avec ces deux familles capables d’aller (très) loin pour assurer l’avenir de leur progéniture.

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