"Antebellum" : Janelle Monae s’attaque au racisme dans un film d’horreur plus que jamais d’actualité

"Antebellum" : Janelle Monae s’attaque au racisme dans un film d’horreur plus que jamais d’actualité
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FRISSONS - La chanteuse américaine campe une autrice à succès qui se retrouve propulsée dans un monde où elle est réduite en esclavage dans les champs de coton du sud de l’Amérique. Cette fiction horrifique, signée des producteurs de "Get out" et "Us", trouve un écho particulier aujourd’hui.

Son regard vide laisse parfois croire qu’elle a abdiqué. Des apparences trompeuses tant Janelle Monae semble en combat perpétuel avec ceux qui l’entourent. Dans Antebellum, en salles ce mercredi 9 septembre, la chanteuse américaine est une force de la nature déterminée à quitter un monde dans lequel elle a été traînée malgré elle. 

Ou comment une autrice à succès luttant pour une meilleure reconnaissance des Afro-Américains devient esclave dans un champ de coton au-dessus duquel plane le drapeau confédéré.

On pouvait voir le feu brûler dans ses yeux. En la voyant, nous avons immédiatement su que nous avions trouvé notre Veronica Henley- Gerard Bush et Christopher Renz, réalisateurs du film "Antebellum"

"Nous l’avions repérée des années plus tôt dans le public des Grammy Awards et l'expression sur son visage lorsqu'elle regardait les gens sur scène était extraordinaire. On pouvait voir le feu brûler dans ses yeux. En la voyant, nous avons immédiatement su que nous avions trouvé notre Veronica Henley", expliquent à Allociné les réalisateurs Gerard Bush et Christopher Renz. Son personnage apparaît en effet presque comme son double de fiction tant les deux jeunes femmes sont engagées. "Je partage avec l’héroïne sa combativité et sa force. J’essaie d’être une porte-parole digne pour ma communauté", assure Janelle Monae au JDD.

La comédienne explique avoir été "bouleversée" par le scénario. "Je le trouvais intelligent dans sa manière de faire dialoguer le passé, le présent et l’avenir. Je suis noire et je vis en Amérique. Je ne suis pas là parce que je l’ai demandé, mes ancêtres ont été contraints de s’installer ici pour servir de main d’oeuvre", ajoute-t-elle.

Ecrit et tourné bien avant la mort de George Floyd et des manifestations Black Lives Matter qui ont suivi, Antebellum tient son nom d'une expression latine qui signifie "avant la guerre" et fait référence à la période historique précédant la guerre de Sécession. Une époque présente dès la scène d'ouverture, avec un plan séquence qui démarre sur une maison de style coloniale pour nous amener dans les jardins où résident les esclaves de la famille. La force du film, c'est qu'il puise dans le passé pour mieux dénoncer les horreurs du présents. 

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Et quel meilleur outil que les codes du cinéma d’horreur pour le faire ? Le film n’effraie jamais autant que dans ses dialogues, miroirs d’une Amérique divisée, qui prennent autant aux tripes que certaines scènes hautement symboliques. Comme celle, présente dans la bande-annonce, où Janelle Monae se réapproprie la torche en flammes utilisée par les suprémacistes blancs. 

Si sa construction est imparfaite et que certains propos auraient mérité d’être plus creusés, Antebellum secoue malgré tout le spectateur. 

Privé de sortie en salles aux Etats-Unis, il y sera disponible directement en VOD dès le 18 septembre. A moins de deux mois d'une élection présidentielle déterminante lors de laquelle Donald Trump vise la réélection. Le message de la chanteuse, qui milite pour inciter les Américains à voter, est clair : "Il faut tout faire pour virer ce dictateur du pouvoir. Et abolir un système qui ne protège pas une partie de la population".

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