"Avengers : Endgame" : comment Iron Man a remis Robert Downey Jr. sur les (bons) rails

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ZOOM – Grâce au personnage d’Iron Man, Robert Downey Jr a définitivement tourné la page de ses excès de jeunesse. La cinquantaine passée, il a désormais toutes les cartes en mains pour écrire une nouvelle page de sa carrière. Attention, cet article contient un spoiler majeur sur "Avengers : Endgame", actuellement en salles.

Hasard du calendrier, "Avengers : Endgame" triomphe au moment où l'écrivain Bret Easton Ellis publie "White", un essai dans lequel il évoque l’adaptation ratée de son premier roman, "Moins que zéro", en 1987, avec un certain Robert Downey Jr. au générique. Le futur Iron Man, alors âgé de 22 ans, y incarnait Julian Wells, un fils de bonne famille californien victime de son addiction à la cocaïne.

À l’époque, le comédien a lui aussi failli tout perdre à cause de son flirt dangereux avec la poudre blanche. Au milieu des années 1990, alors qu’il a manqué de peu l’Oscar du meilleur acteur pour sa performance dans "Chaplin" de Richard Attenborough, le fils du réalisateur Robert Downey Sr. est arrêté à plusieurs reprises pour détention de drogue, avant de tomber pour de bon.

En 1999, il est condamné à trois ans de prison, une descente aux enfers qui fait les choux gras de la presse américaine. Il en sortira moins de douze mois après pour bonne conduite, avant de rejoindre le casting de la série "Ally McBeal". Son personnage, l’irrésistible Larry Paul, lui permet de remporter un Golden Globe, mais un an plus tard, il rechute et se fait virer par les producteurs.

Iron Man, un rôle taillé sur mesure

Après plusieurs séjours en cure de désintoxication, sa rencontre en 2003 avec la productrice Susan Levin, en marge du thriller "Gothika" de Matthieu Kassovitz, va enfin le remettre sur le droit chemin. La nouvelle femme de sa vie, la méditation et la pratique des arts martiaux vont l’aider à rester sobre pour de bon. Et à reprendre le contrôle de sa carrière, si prometteuse quelques années auparavant.

Après la comédie policière "Kiss Kiss Bang Bang", présentée à Deauville où il racontait volontiers ses déboires aux journalistes, on le voit dans "Good Night and Good Luck" de George Clooney ou encore "Zodiac" de David Fincher. Des seconds rôles de choix. Jusqu'à ce qu'il croise la route du superhéros milliardaire Tony Stark, alias Iron Man. Avant lui, Tom Cruise et Nicolas Cage ont filtré avec Marvel Studios. Difficile, aujourd’hui, d’imaginer l’un d’entre eux sous l’armure du plus populaire de tous les Avengers.

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Au personnage un brin unidimensionnel des comics, Robert Downey Jr. a apporté son charisme, son humour noir, son grain de folie aussi. La franchise va le lui rendre au centuple, et plus encore, puisque de 2012 à 2015, il a occupé la première place du classement Forbes des acteurs les mieux payés à Hollywood. 

Après avoir touché 500.000 dollars pour le premier volet, la star a renégocié un contrat juteux lui garantissant un pourcentage des recettes sur chacun des films suivants. D’après "The Hollywood Reporter", "Avengers : Endgame" pourrait ainsi lui rapporter la bagatelle de 75 millions de dollars.

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Et maintenant ? Sauf incroyable retournement de situation, Robert Downey Jr. ne rejouera plus jamais Iron Man, le personnage se sacrifiant pour sauver l’humanité dans le film des frères Russo, actuellement en salles. Aujourd’hui âgé de 54 ans, le comédien va-t-il en profiter pour redescendre sur Terre et renouer avec les rôles dramatiques de ses débuts ? 

Pas pour le moment, si l’on en croît son agenda, pas très chargé à dire vrai. Après "Le Voyage de Docteur Dolittle" de Stephen Gaghan, une comédie fantastique en salles en janvier 2020, il est attendu sur le plateau du blockbuster "Sherlock Holmes 3" aux côtés de Jude Law et du réalisateur Guy Ritchie. Pour la prise de risques, il faudra repasser...

Multimillionnaire comme Tony Stark, son interprète rêve sans doute de poser un jour une statuette dorée sur sa cheminée. En 2009, il avait décroché sa deuxième nomination aux Oscars pour son second rôle d'acteur déjanté dans la comédie de Ben Stiller, "Tonnerre sous les tropiques". La maturité aidant, ce père de famille désormais bien dans ses baskets a toute les cartes en mains pour écrire une nouvelle page de sa carrière. La plus belle ? 

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