"Bohemian Rhapsody" : pourquoi le biopic de Queen et Freddie Mercury fait un carton

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ZOOM - Sorti mercredi dernier en France, "Bohemian Rhapsody" frôle déjà le million d’entrées. Aux Etats-Unis, le biopic de Queen a dépassé toutes les attentes, avec plus de 50 millions de dollars de recettes le week-end dernier. La preuve que 27 ans après la mort du chanteur Freddie Mercury, la musique du groupe britannique reste plus que jamais d’actualité. Explications.

C’est un film qui s’est fait attendre. Annoncé en 2010 sur la BBC par le guitariste Brian May, "Bohemian Rhapsody" a connu une série de rebondissements en coulisses. Un changement de scénariste, Peter Morgan ("The Queen") quittant le navire au profit de Anthony McCarten ("Les Heures Sombres"). Un changement d’acteur, Sacha Baron Cohen ayant claqué la porte du projet, avant le recrutement de Rami Malek, la révélation de la série "Mr. Robot". Un double changement de réalisateur aussi, Dexter Fletcher cédant son fauteuil à Bryan Singer… avant d’être remplacé par son prédécesseur quelques semaines avant la fin du tournage, pour d’obscures raisons personnelles.


27 ans après la mort de Freddie Mercury, de nombreux observateurs s’interrogeaient sur le potentiel commercial d’un biopic consacré à un groupe de rock, à l’heure où les stars du hip-hop trustent les premières places des charts. Mais Queen n’était pas n’importe quel groupe de rock. Et son chanteur une icône dont la légende a traversé les générations. Mis en ligne le 15 mai dernier, le premier trailer explose les records, avec plus de 5 millions de vues en 24 heures. La machine est lancée.

A l’approche de la sortie du film, les journalistes qui ont pu le découvrir en avant-première font la fine bouche. Dans sa chronique, Steve Rose de The Guardian salue la performance de Rami Malek mais juge que le long-métrage "ressemble moins à une odyssée musicale pionnière qu’au portrait d’un bon groupe de reprises". Ses confrères à travers le monde sont sensiblement du même avis. Sur le site Rottentomatoes, "Bohemian Rhapsody" décroche une moyenne de 60% d’avis favorables auprès des critiques.


Le public, lui, est beaucoup plus enthousiaste avec 95% d’avis favorables à ce jour. Outre-Manche, où il arrive en salles le 24 octobre, le film déloge "A star is born" avec Lady Gaga de la première place du box-office. En France, où Queen a toujours joui d’une grande popularité, le film a réalisé un démarrage canon mercredi dernier. A la date de dimanche soir, il cumulait 937.273 entrées, s’approchant tranquillement du million de spectateurs en première semaine. Il n'y a que "Le Grand Bain" de Gilles Lellouche qui fait mieux !

Aux Etats-Unis, où les albums de Queen ont souvent fait trembler les charts, "Bohemian Rhapsody" a triomphé de la concurrence avec plus de 50 millions de dollars de recettes, le week-end dernier. Certes le film a coûté cher, avec plus de 140 millions de budget. Mais il devrait rapidement rentrer dans ses frais, tant le bouche-à-oreille est enthousiaste. Et d’autant plus que Rami Malek fait figure de grand favori dans la course à l’Oscar du meilleur acteur, qui sera décerné au printemps prochain.

Plusieurs facteurs expliquent ce triomphe presque inattendu. Il y a d’abord la musique de Queen, un groupe qui a tout de même vendu 300 millions d’exemplaires de ses albums, à une époque où la musique enregistrée était encore un business florissant. Tous les quadras, et plus, ont un album ou un Greatest Hits de Freddie Mercury & co dans leur discothèque. Et des tubes comme "We are the champions", "We will rock", "Another One Bites The Dust" et bien sûr "Bohemian Rhapsody" n’ont jamais quitté les ondes… Ni la scène.

Depuis 2002, la comédie musicale "We will rock you" a fait le tour du monde. Inédite en France, elle est jouée depuis la fin du mois de septembre au Casino de Paris. Mais ce n’est pas tout. Après une brève association avec le chanteur Paul Rodgers, Brian May et le batteur Roger Taylor se sont associés en 2012 au jeune Adam Lambert, un fan absolu de Freddie Mercury, découvert dans le télécrochet "American Idol". Il fait d’ailleurs une brève apparition dans "Bohemian Rhapsody".

Au-delà du phénomène musical, savamment entretenu par ses survivants – seul le bassiste John Deacon se tient à l’écart des activités du groupe –, l’histoire de Queen reste aussi celle d’un chanteur qui lutta dès le début pour imposer sa différence. Dans son travail, comme dans sa vie privée, à une époque où assumer son homosexualité n'était pas chose aisée dans l'univers très viril du rock n'roll.

"Bohemian Rhapsody" touche également parce qu’il regarde dans les yeux le destin d’une superstar foudroyée par Sida en pleine gloire. Un virus qui a encore coûté la vie à plus d’1 million de malades à travers le monde, en 2016, d'après les chiffres de l'ONUSIDA. Le groupe continue d’ailleurs de verser une partie de ses revenus au Mercury Phoenix Trust, fondé en 1991 après la mort du chanteur afin de soutenir diverses associations.

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