"Aïlo : une odyssée en Laponie" : un bijou de poésie qui "raconte la vraie vie des rennes du Père Noël"

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COUP DE COEUR - Pendant un an, le réalisateur de documentaires Guillaume Maidatchevsky a posé ses caméras dans le Grand Nord pour suivre de très près les premiers mois d'Aïlo, un renne dont il est même parvenu à filmer la naissance. Le résultat ? Un récit initiatique pour petits et grands visuellement bluffant, très enrichissant et narré avec justesse par le chanteur star des enfants Aldebert. LCI vous livre les secrets de fabrication de cette folle aventure.

Son premier réflexe est d'aller s'asseoir derrière notre caméra. Certainement pas devant. C'est que Guillaume Maidatchevsky a plus l'habitude d'observer que celle d'être observé. Mais il s'y fait. Et détaille avec passion le projet qui lui a littéralement donné des sueurs froides par -40°C. Le réalisateur français de documentaires présente dans les salles ce mercredi 13 mars "Aïlo : une odyssée en Laponie", sa "fiction documentée" qui propulse les spectateurs dans le Grand Nord pendant 1h26. Autant vous prévenir tout de suite, même les plus sceptiques ne pourront pas rester de marbre bien longtemps face à la beauté des paysages.


 Les caméras sont au plus près de l'action, nous faisant presque oublier que les animaux filmés sont des animaux sauvages.

"Ce film, c'est le point de vue d'un animal sur un autre animal", nous explique Guillaume Maidatchevsky, comme l'avait fait "L'Ours" il y a 30 ans. "Bien sûr qu'on s'en inspire", dit-il de ce film qui "a bercé son enfance". "Je suis un mélange entre Miyazaki, Pixar, Dreamworks et Jean-Jacques Annaud", assume-t-il. S'il n'aime pas être comparé, il accepte volontiers le parallèle avec l'oeuvre du cinéaste français "parce que c'est une référence qui [le] touche au niveau de la sensibilité".

Son premier objectif ? "Raconter la vraie vie des rennes du Père Noël", à la demande de ses enfants. Avant de s'envoler vers la Laponie, Guillaume Maidatchevsky s'attelle à l'écriture de son scénario. "Gabin disait qu'un film, c'était trois choses : une histoire, une histoire et une histoire. J'y pensais tous les jours", se souvient-il. Mais son récit initial de 80 pages ne résiste pas longtemps "à la réalité du terrain". Tous les jours, il lui faut écrire et réécrire en fonction de ce qui se produit sous ses yeux. 

Comme la naissance très émouvante de celui qui deviendra Aïlo, son héros. "C'est  un prénom sami, les peuples qui vivent au-dessus du cercle arctique. C'est assez commun, comme Guillaume", explique-t-il.

C'est violent mais je ne peux pas dire que c'était vraiment dur pour nous. L'animal le vit au quotidien. À nous de remballer nos petits frissonsGuillaume Maidatchevsky sur le tournage par -40°C

"Quand il est né, il a vu sa mère puis il nous a vus. Il s'est vite habitué à nous", note le réalisateur. Une relation de confiance se noue rapidement avec l'animal qu'il choisit donc de suivre pendant un an. Guillaume Maidatchevsky et son équipe, dont deux autres cameramen, lèvent le camp avec près de 600 heures d'images, après 150 jours de tournage entre la Finlande et la Norvège, la plupart du temps par -40°C. "C'est violent mais je ne peux pas dire que c'était vraiment dur pour nous. L'animal le vit au quotidien. À nous de remballer nos petits frissons. Si les caméras pouvaient parler, je pense qu'elles ne seraient pas contentes mais heureusement, elles ne parlent pas", ironise-t-il. 

© Borsalino Productions – Gaumont – MRP Matila Rohr Productions

De retour en France, il entame avec Morgan Navarro l'écriture du commentaire de son conte documentaire qui mettra des mots sur les premiers pas, la lutte pour la survie face aux prédateurs ou encore les interactions d'Aïlo avec les autres espèces de la région. L'occasion aussi de diffuser un message écologiste. On y apprend notamment que le réchauffement climatique perturbe les femelles rennes qui ne savent plus quand mettre bas. "C'est primordial mais à ma façon à moi, c'est-à-dire pas moralisateur. Ce n'est pas en disant aux humains 'ce que vous faites, ce n'est pas bien' que ça va faire avancer les choses. Je suis peut-être naïf mais je revendique ce côté 'montrons ce qui est beau, voilà ce que vous allez perdre'", admet Guillaume Maidatchevsky.

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Il prête sa voix à "Aïlo : une odyssée en Laponie" : rencontre avec le chanteur Aldebert

"Mon métier c'est d'émerveiller", assure celui qui sera tout de même fier s'il réussit à "installer une petite graine" dans la tête des plus jeunes en les invitant à la réflexion sur le monde. Pour leur parler, il a confié la narration de son récit à une voix qu'ils connaissent bien, celle du chanteur Aldebert. "Je trouvais vraiment une résonance avec ce que j'ai l'habitude de faire. On parle de la famille, de l'apprentissage de la vie. Il y a des parents et des enfants dans cette histoire",  acquiesce la star des cours de récré qui prévient. "On n'infantilise pas. On ne s'adresse pas à une tranche d'âge", assure-t-il. La formule a séduit petits et grands en Finlande où "Aïlo : une odyssée en Laponie" a occupé la tête du box-office pendant plusieurs semaines et est désormais le deuxième plus gros succès français dans le pays après "Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Charge à l'Hexagone d'offrir le même succès à ce petit bijou de poésie qui sort cette semaine.

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