Jamel Debbouze au générique du "Roi Lion": "C’est du pain bénit"

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INTERVIEW – Il est la voix française de Timon, le suricate le plus bavard d’Afrique dans "Le Roi Lion" nouvelle version, en salles ce mercredi. Alors qu’il s’apprête à faire un break après la fin de sa tournée, en décembre prochain, Jamel Debbouze nous a confié les recettes d’un doublage réussi. Et son admiration pour le classique de 1994 qu’il a revu avec ses enfants.

Et de quatre pour Jamel Debbouze ! Après Dinosaure (2000), Monstres Academy (2013) et Toy Story 4 le mois dernier, l’humoriste prête une nouvelle fois sa voix à un personnage Disney. Et pas n’importe lequel, puisque la filiale française de la firme aux grandes oreilles lui a confié le rôle de Timon dans sa nouvelle version du classique de 1994, Le Roi Lion. Un job de rêve pour ce jeune papa qui a décidé de se consacrer aux siens à la fin de sa tournée, en décembre prochain.

LCI : Quelques semaines après Toy Story 4, vous prêtez votre voix à un personnage du Roi Lion. C’est le grand amour avec Disney ?

Jamel Debbouze : J’ai la chance de faire ce métier et ça fait vingt ans que Disney me sollicite pour faire des voix. Ça continue et c’est génial ! Ça faisait des années que je n’avais pas fait de doublage pour eux. En réalité, je n’en ai fait que pour Disney ! On ne choisit pas. Et deux projets sont tombés l’un derrière l’autre, deux projets extraordinaires…

Le Roi Lion était-il votre Disney préféré ? 

Moi j’aime l’univers de Disney et il y en a plein que j’aime bien. Enfant j’ai été très marqué par Rox et Rouky (1981), il m’avait profondément touché ce film. Le Roi Lion, c’est un classique dont on se souvient. La première fois que je l’ai vu au cinoche, je me rappelle de ces paysages, ces mouvements, cette histoire Shakespearienne… ça fait quelque chose, c’est un vrai film !

Vous l’avez revu avec vos enfants avant de doubler la nouvelle version ? 

C’est rare, ces films où on peut s’émouvoir avec sa famille en même temps, pour les mêmes raisons. Ça ne fait pas longtemps que je goûte à cette sensation de rire des mêmes choses avec mes enfants, je suis touché par la même situation… Je me rappelle qu’on était morts de rire devant Timon et Pumba. Qu’on était extrêmement émus quand Mufasa meurt… et flippés quand Simba est livré à lui-même. Maintenant que je suis papa, ça renvoie encore à autre chose. Cette histoire de transmission, on ne peut pas ne pas y penser et transposer. C’est un film fort… Et c’est génial à vivre en famille.

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L’une des forces de Disney, c’est de s’adresser à toute la famille. Lorsque vous avez débuté, vous rêviez de faire rire les petits comme les grands ? Où déjà les potes c’était bien ? 

Déjà les potes c’était bien ! Honnêtement je ne me suis jamais posé la question dans ces termes-là. Peu importe qui riait. Ce qui m’importait, c’est que ça riait. C’était le son qui m’importait. Sentir la joie ou la surprise. C’est quand l’effet marche que ça te touche. Après, peu importe qui rit. Bien sûr, plus ils sont nombreux, plus tu as l’impression que ce que tu racontes est universel. Ça, c’est jouissif. Quand les histoires rentrent dans toutes les chaumières et qu’il n’y a plus de différences entre les générations, entre les cultures. C’est ça, être universel. Quand tu touches ça, tu touches la grâce. Et ils sont peu à avoir touché ça. Il y a Charlie Chaplin. Et Walt Disney.

Souvent, on nous demande d’aller chercher des choses chez nous pour combler un certain truc. Ça arrive. Là, il n’y a rien à combler du tout !- Jamel Debbouze

Comment aborde-t-on le doublage d’un personnage comme Timon, qu’on a tendance à connaître par cœur quand on est fan du dessin animé ?

On le connaît par cœur, c’est vrai. Mais la partition est tellement limpide, tellement efficace, le personnage est tellement là. Lisible. On voit immédiatement son rythme, sa mécanique, à Timon. Comme celle de Pumba, joué par Alban Ivanov.  Pour des comédiens comme nous, c’est du pain bénit. Souvent, on nous demande d’aller chercher des choses chez nous pour combler un certain truc. Ça arrive. Là, il n’y a rien à combler du tout.

On reconnaît quand même bien Jamel Debbouze lorsqu’on découvre ce nouveau Timon. Comme on vous reconnaît derrière Ducky dans Toy Story 4

Toy Story, c’est encore autre chose. Le Roi Lion, c’est un classique. La partition, elle est connue de tous. L’histoire est suffisamment extraordinaire pour ne toucher à rien. 

Pour ne pas faire du Jamel ?

Oui, évidemment !

Mais c’est quoi faire du Jamel, au fond ? 

Mais c’est à vous de me le dire puisque apparemment vous avez l’air de savoir (sourire). Moi, je n’en ai aucune idée. Je ne me vois pas !

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L’humour dans les Disney, il sait être méchant parfois ?

Oui bien sûr ! Mais ce n’est jamais vulgaire. Le propre de la drôlerie, c’est d’être surprenant et ils savent très bien le faire. Surtout ils ont cette capacité à écrire des personnages touchants, désarmants. Même les méchants finissent par vous toucher profondément. Parce qu’il y a toujours une raison à leur méchanceté. Elle n’est jamais gratuite. Elle n’est pas innée. Et ça c’est rassurant quand même.

On m’a demandé ce que je faisais après ma tournée et j’ai répondu ‘j’arrête !’. En fait je me mets en jachère quelques années. Comme je l’ai toujours fait. J’aurais dû répondre comme d’habitude- Jamel Debbouze

C’est quoi la suite pour vous, Jamel ? On a lu que vous alliez arrêter votre carrière d’humoriste…

C’est une connerie d’un journaliste ! On m’a demandé ce que je faisais après ma tournée et j’ai répondu ‘j’arrête !’. En fait, je me mets en jachère quelques années. Comme je l’ai toujours fait. J’aurais dû répondre 'comme d’habitude'. Ça fait trois ans que je tourne avec ce spectacle, je remonte sur scène tous les sept ans. C’est à peu près le temps de la jachère !

Si Disney vous rappelle dans les mois qui viennent, vous acceptez ? 

Ça dépend quel film parce qu’après Le Roi Lion, il va falloir me chercher ! 

Attention, il y a La Petite Sirène qui arrive…

(Rires) Non, pas La Petite Sirène. Maintenant s’il y a un coquillage ou un crustacé et que c’est marrant, j’y vais !

>> Le Roi Lion de Jon Favreau. Avec les voix de Rayane Bensetti, Anne-Sila, Jamel Debbouze. En salles le 17 juillet

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