John David Washington : "Tenet est une nouvelle frontière de narration, ça n’a jamais été fait auparavant"

John David Washington : "Tenet est une nouvelle frontière de narration, ça n’a jamais été fait auparavant"

INTERVIEW - Remarqué dans "BlackKklansman" de Spike Lee il y a deux ans, le fils de Denzel Washington incarne à la perfection le héros sans nom qui cherche à sauver la planète du chaos dans le prochain film de Christopher Nolan. LCI a pu lui passer un rapide coup de Zoom avant la sortie de "Tenet" le 26 août.

Il s'est fait un prénom sur la Croisette. D'abord présenté comme le fils de Denzel Washington, John David Washington a su imposer son style lors du Festival de Cannes  en s'infiltrant au sein du Ku Klux Klan devant la caméra de Spike Lee pour BlackKklansman. Une prestation de haut-vol remarquée par un certain Christopher Nolan, présent au Palais des Festivals le soir de la projection officielle il y a deux ans. 

Le cinéaste britannique lui a confié sans hésiter les clés de Tenet, son prochain mystère en forme de palindrome qui veut bousculer les codes du film d'espionnage. "Sa lecture du script a été immédiate, précise et en adéquation avec ma propre interprétation, à savoir qu'il nous fallait une vision nouvelle de l'espion – il est solitaire et il sillonne la planète pour tenter d'empêcher une catastrophe de se produire, susceptible de détruire toute vie autour de lui. Je crois qu'il a perçu cette dimension d'emblée", affirme-t-il à propos de l'acteur de 36 ans.

Coronavirus oblige, c'est en visio que LCI a pu s'entretenir avec John David Washington. L'occasion d'essayer de grappiller quelques secrets de fabrication d'un film visuellement dingue qu'on a déjà très envie de revoir.

L’entraînement a été intense pour apprendre le langage de l’inversion- John David Washington

LCI : "N’essayez pas de comprendre. Ressentez", vous dit le personnage de Clémence Poésy au début du film. Ce ne serait pas aussi un peu la définition du cinéma de Christopher Nolan ?

John David Washington : Vous avez visé juste ! (Il rit). C’est exactement ce que je ressens, je vous le jure. C’est l’attitude et le mantra à adopter dès que vous vous lancez dans un de ses films pour la première fois. Après plusieurs visionnages, vous pouvez commencer à creuser davantage dans la logique et entrer dans les débats si vous le voulez. Mais c’est exactement juste !

Votre personnage est aussi secret que le film Tenet. Il n’a pas de nom mais on pourrait l’appeler Atlas, car le sort du monde repose en quelque sorte sur ses épaules. Vous partagez ce point de vue ?

Oui, cool ! (Il rit). Le protagoniste a très certainement cette approche. Je crois qu’il se bat pour l’humanité. Il se bat pour la capacité des gens à vivre dans le monde tel que nous le connaissons, à avoir la liberté de mener leur vie. Il se bat pour ça, il se bat pour la liberté.

En vidéo

"Tenet" : la bande-annonce finale du film événement de Christopher Nolan

Christopher Nolan adore manipuler le temps dans les histoires qu’il raconte. Mais comment a-t-il réussi à inverser le temps sur le plateau ? Comment tourne-t-on un film à l’envers ? On image que cela nécessite pas mal de chorégraphies…

Sans trop en révéler, je vais vous dire oui (il sourit). L’entraînement a été intense. On a commencé deux mois avant le début du tournage à apprendre le langage de l’inversion. A la fois le langage du corps et la manière dont on est censé parler dans ce monde inversé. Ça a été un vrai challenge (il rit). On se trouvait à une nouvelle frontière de narration, ça n’a jamais été fait auparavant. C’était super et si amusant à explorer.

Christopher Nolan repousse les limites de bien des manières, en particulier dans Tenet. Comment a-t-il repoussé les vôtres ? Sa façon de réaliser a-t-elle changé quelque chose à votre jeu d'acteur ?

Ça a changé mon point de vue sur la réalisation en général. Enfin... Je ne dirais pas "changé" mais plutôt "éclairé". C’est une injection d’espoir et de joie de voir que quelqu’un qui a tant accompli comme lui aime toujours ce qu’il fait. Chaque jour, il semblait vraiment heureux. C’était encourageant pour moi. Parce que des fois, on peut s’apitoyer sur nous-mêmes, se dire que c’est éreintant et que les journées sont longues. Mais je n’ai jamais ressenti ça sur le tournage de Tenet, parce que Christopher Nolan n’avait pas l’air de se sentir comme ça. C’est comme s’il avait pu continuer encore et encore. J’ai adoré ça et je vais m’en servir désormais.

Lire aussi

Tenet de Christopher Nolan (2h29)

avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh

en salles dès le 26 août 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

93 médicaments commercialisés en France seraient dangereux, selon une revue médicale

Producteur tabassé par des policiers à Paris : que s'est-il passé ?

EN DIRECT - Le nombre de patients en réanimation repasse sous la barre des 4000

Ce qu'il sera possible (ou non) de pratiquer dans les stations de ski pendant les vacances de Noël

La revue Prescrire publie une liste de 90 médicaments "plus dangereux qu'utiles"

Lire et commenter