"Once Upon a Time... in Hollywood", la critique : pourquoi on adore le nouveau Tarantino

Sorties

Toute L'info sur

Festival de Cannes 2019

NOTRE AVIS - En salles mercredi 14 août, "Once Upon a Time... in Hollywood" voit Quentin Tarantino déclarer sa flamme à la Mecque du Septième art avec un savoureux mélange d’humour et de nostalgie. En super bonus : un formidable tandem d'acteurs composé de Leonardo DiCaprio et Brad Pitt, pour la première fois réunis à l'écran.

L’excitation cannoise autour de l’avant-première mondiale de "Once Upon a Time... in Hollywood", en mai dernier au Festival de Cannes, témoigne, à elle seule, de la place à part qu’occupe Quentin Tarantino dans le cœur de nombreux cinéphiles. L’attente était-elle justifiée ? Après 2 heures et 39 minutes de projection, impossible de digérer d’une traite cette fresque à la fois caustique, lumineuse et remplie de nostalgie pour une époque du Septième art qui a façonné l’auteur culte de "Pulp Fiction".


Le film débute en février 1969. On découvre Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), acteur de séries télé spécialisé dans les rôles de méchants, et Cliff Booth (Brad Pitt), sa doublure cascades, chauffeur occasionnel et seul ami véritable. Le premier angoisse à l’idée de devenir has-been et soigne son spleen dans l’alcool. Le second affiche une éternelle décontraction, à peine ébranlée par un surprenant drame personnel.

Rick habite dans une grande villa avec piscine dans le quartier huppé de Cielo Drive, niché dans collines qui surplombent Los Angeles. Depuis peu, il a pour voisins le cinéaste franco-polonais Roman Polanski (Rafal Zawierucha) et son épouse, la comédienne Sharon Tate (Margot Robbie). De la même manière que "Inglourious Basterds" remixait l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, "Once Upon a Time... in Hollywood" revisite une époque qui marque la fin d’une époque charnière pour le cinéma américain.


Ici, personnages réels, inventés et inspirés se mêlent et se confondent, une mise en abyme renforcée par les vraies-fausses séquences où Rick Dalton apparaît dans la peau de ses nombreux personnages. Cow-boy, gangster, soldat… Le bonhomme a fait carrière sur des archétypes qui lui ont assuré une petite notoriété, à défaut d’une grande carrière à l’écran. Cliff vit à son crochet et dans son ombre, sans jamais se plaindre, aux petits soins pour le molosse qui l’attend dans sa caravane. Une vie tranquille, en quelque sorte.

Pour son neuvième film, Quentin Tarantino délaisse ses fréquentes constructions à chapitres pour une intrigue plus classique, sinon épurée, allant d’un personnage à l’autre sur un faux rythme pour nous faire savourer sa recréation minutieuse de l’atmosphère décomplexée des sixties. L’apparition progressive du gourou Charles Manson et de sa bande viendra peu à peu perturber cette peinture chaleureuse et corrosive de l’envers du Rêve hollywoodien.


Comme le cinéaste l’a réclamé en mai dernier, on ne révélera rien de plus de l’intrigue, qui prend quelques libertés avec la réalité historique. Disons que "Once Upon a Time... in Hollywood" fonctionne comme une formidable lettre d’amour à une période que Quentin Tarantino n’a pas vraiment connue – il n’avait que 6 ans en 1969 – mais qui véhicule une certaine idée du cinéma qu'il affectionne, flamboyante, artisanale, un peu kitsch aussi.

Cette capsule spatio-temporelle souvent jouissive, en dépit de quelques longueurs – mais c’est souvent le cas à la première vision d’un Tarantino – offre un écrin de choix à ses deux acteurs principaux. Si pour son premier rôle depuis "The Revenant", Leonardo DiCaprio se montre tour à tour pathétique, fragile et hilarant, Brad Pitt lui volerait presque la vedette en playboy au grand cœur, éternel optimiste dans une industrie qui brise aussi vite les egos qu’elle les porte au pinacle.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter