"J'accuse" de Roman Polanski remporte le Grand Prix à Venise malgré la polémique

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CINÉMA - Le jury du Festival de Venise a décerné sa deuxième récompense la plus importante au film de Roman Polanski sur l'affaire Dreyfuss. C'est sa femme, Emmanuelle Seigner, qui est venue chercher la récompense.

C'est un prix qui fait du bruit. Ce samedi, le Festival de Venise a décerné le Grand prix du jury au thriller historique "J'accuse" de Roman Polanski, dont la sélection avait suscité la polémique. S'il n'a pas remporté le prestigieux Lion d'or remis au "Joker" de l'Américain Todd Phillips, sa présence au palmarès a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, en raison des poursuites contre le réalisateur aux États-Unis pour le viol d'une mineure en 1977. Roman Polanski, qui n'a pas pu se rendre à Venise en raison des menaces d'extraditions qui pèsent sur lui, avait d'ailleurs fait le parallèle entre l'histoire de son film et sa propre vie, s'estimant lui aussi "persécuté". 

La présidente du jury, la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, avait également suscité une controverse au premier jour du festival en affirmant qu'"elle ne séparait pas l'homme de l'oeuvre" et se disant "très gênée" par sa présence en compétition, avant de revenir sur ses propos, en disant qu'elle n'y était "en aucune façon opposée". "Un auteur est un être humain. Le pire que l'on puisse faire à une personne est de la séparer de son œuvre. Ça n'est pas possible", a-t-elle réaffirmé samedi après le palmarès, soulignant par ailleurs qu'il n'y "avait pas eu d'unanimité" dans le jury pour l'ensemble du palmarès.

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Porté par Jean Dujardin et Emmanuel Seigner, "J'accuse" raconte l'Affaire Dreyfus, scandale antisémiste majeur de la fin du XIXe siècle en France, du point de vue du lieutenant-colonel Georges Picquart, qui avait réhabilité le capitaine injustement condamné pour des faits d'espionnage fabriqués de toute pièce. Récompensé déjà samedi par le prix Fipresci de la critique internationale à Venise, le film avait convaincu une bonne partie de la presse, occupant la première place du classement d'un panel de journalistes internationaux et italien publié pendant le festival.

C'est la femme de Roman Polanski, l'actrice française Emmanuelle Seigner, qui est venue chercher son prix, se contentant simplement de "remercier le jury" et de dire que le cinéaste franco-polonais de 86 ans voulait "remercier ses producteurs" et "tous ses acteurs et son équipe technique".

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