"Une affaire de famille" : pourquoi il faut d’urgence adopter la Palme d’or 2018 de Hirokazu Kore-eda

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NOTRE AVIS – En salles depuis mercredi, "Une affaire de famille" de Hirokazu Kore-eda dévoile un visage méconnu du Japon à travers le portrait d’une association de malfaiteurs d’un genre inattendu. La Palme d’or sensible et rafraîchissante du 71e Festival de Cannes.

Ils s'appellent les Shibata. Il y a une dame âgée, un homme mur, deux jeunes femmes et un petit garçon. Ils vivent tous sous le même toit, dans un joyeux bric-à-brac à la périphérie de Tokyo. Entre petits boulots et menus larcins, ils ne manquent de rien, du moins en apparence. Si bien que lorsqu’ils croisent la route d’une fillette livrée à elle-même dans la rue, ils lui proposent le gîte et le couvert. Ses parents se disputent du soir au matin ? Alors autant l’adopter…


Palme d’or du 71e Festival de Cannes, "Une affaire de famille" est un drôle de drame qui, sous le vernis de la chronique du quotidien, renferme une réflexion plus profonde sur les liens qui nous unissent. Formé à l’école du documentaire, le cinéaste japonais Hirokau Kore-eda scrute ses comédiens avec un mélange de pudeur et de curiosité qui crée une intimité immédiate avec le spectateur. Ce qui n’exclut pas une certaine poésie lorsque sa caméra saisit un regard inquiet, un bol de nouille fumant ou le pied d’un enfant.

Le Japon de la débrouille et des laissés-pour-compte

Bercé par la B.O. jazzy pop du musicien Haruomi Hosono, on oublierait presque qu’il y a comme un loup derrière cette association de malfaiteurs bienveillants. Où est le bien ? Où est le mal ? Quel est le rôle d'un père et qu'attend de lui son fils ? C’est une question de point de vue. Habile, Hirokazu Kore-eda a choisi de ne pas juger ses personnages, ce qui les rend d’autant plus attachants.

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Hirokazu Kore-eda : "La famille de mon film est universelle"

A sa manière, délicate et subtile, "Une affaire de famille" est un film social qui raconte un autre visage du Japon. Celui de la débrouille et des laissés-pour-compte, loin des mégapoles high-tech grouillantes que nous renvoient d’ordinaire les médias. C’est, enfin, une parenthèse rafraîchissante dans le déluge d’images hystériques et artificielles trop souvent véhiculé par le cinéma occidental contemporain. Bref un film qui fait du bien.


>> "Une affaire de famille", de Hirokazu Kore-Eda. Avec Lily Franky, Sakura Ando, Mayu Matsuoka. En salles mercredi.

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