Clash entre Sony et Disney : Spider-Man a-t-il réellement dit adieu aux Avengers ?

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BUSINESS – Sony et Marvel Studios, filiale de Disney, ont décidé de ne pas prolonger le deal qui leur permettait de partager les droits du personnage de Spider-Man, faute d’accord sur le partage des bénéfices. Un choc pour les fans du superhéros, interprété depuis 2015 par Tom Holland. LCI décrypte les ressorts de ce clash au sommet.

Un vent de panique s’est emparé des réseaux sociaux, mardi soir, à l’annonce de la rupture des négociations entre Sony et Marvel Studios au sujet de l’avenir de Spider-Man. Un personnage mythique dont les droits cinématographiques sont au cœur d’un arrangement presque aussi inextricable que les toiles qu’il tisse pour arpenter les gratte-ciels de New York. Si le désaccord persiste entre les deux géants du divertissement, l’homme araignée pourrait ne plus jamais croiser la route de Thor, Hulk et consorts sur grand écran. 

Pour bien comprendre le "nœud" du problème, il faut remonter à 1999. Marvel Studios, filiale du célèbre éditeur de comics, est au fond du trou après une série de flops retentissants. Sony lui achète les droits du personnage et commande au réalisateur Sam Raimi un premier film, interprété par Tobey Maguire, dont le succès dépasse toutes les attentes et engendre deux suites lucratives.

La fin d'une alliance inédite à Hollywood ?

De profonds désaccords entre le studio et le réalisateur vont entraîner le départ de ce dernier, en 2010, alors qu’un quatrième volet est en projet, au grand regret des fans. L’acteur Andrew Garfield va reprendre le flambeau en 2012 avec "The Amazing Spider-Man", sous la direction de Marc Webb, sans jamais réussir à faire oublier son prédécesseur. Après une suite décevante, deux ans plus tard, le duo est remercié.

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Entre temps, Marvel Studios a été racheté en 2009 par Disney pour la bagatelle de 4 milliards de dollars. Une prise de guerre considérable pour la firme aux grandes oreilles qui met la main sur ce qu’on appelle désormais le MCU (Marvel Cinematographic Universe), une série de films qui après avoir débuté avec Iron Man, va voir tous les célèbres personnages se croiser dans différentes aventures, avec en point culminant les quatre Avengers, sortis de 2012 à 2019. 

Le hic, car il y en a un, c’est que les droits cinématographiques de Spider-Man appartiennent toujours à Sony, qui n’a clairement pas envie de se séparer de son petit trésor. Disney, qui détient les droits des produits dérivés du personnage, à la faveur du rachat de Marvel Studios, va proposer en 2015 à son rival une association inédite. 

En échange d’un partage des bénéfices, les deux studios vont se "prêter" leurs personnages respectifs. L’homme araignée, désormais interprété par Tom Holland, fait une première apparition dans "Captain America : Civil War", une production Disney. Un an plus tard, Robert Downey Jr, alias Iron Man, vient superviser son jeune disciple dans "Spider-Man : Homecoming", une production Sony. Vous suivez ?

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Ces derniers mois, Kevin Feige, le patron de Marvel Studios, et Tom Rothman, le big boss de Sony, avaient commencé à discuter de la reconduction du deal. Le premier se pensait sans doute en position de force après le triomphe de "Avengers : Endgame" au printemps. Sauf que "Spider-Man : Far From Home", sorti cet été, a lui aussi cartonné. 

Incapables de se mettre d’accord, les deux pontes hollywoodiens auraient donc fait voler en éclat leur éphémère alliance. Au risque de compromettre leurs projets respectifs ? A voir. Tom Holland devrait, a priori, apparaître dans deux autres films produits par Sony. Le problème, c’est que plusieurs personnages détenus par Disney comme Nick Fury (Samuel L. Jackson) apparaissaient dans le récent "Spider-Man : Far From Home". Et devaient revenir dans la suite...

De la même manière, Disney n'aurait donc plus droit de faire intervenir l'homme araignée dans ses prochains films, alors que Tony Stark / Iron Man l'avait désigné comme son successeur à la tête des Avengers. D’un point de vue scénaristique ET commercial, tout le monde semble aujourd’hui perdant. A moins d’un retournement de situation dont Hollywood raffole ? 

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