"Stranger Things" : l’expérience de Will "de l’autre côté" racontée dans un comics

"Stranger Things" : l’expérience de Will "de l’autre côté" racontée dans un comics
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PAS VU À LA TV - Les téléspectateurs ont passé la saison 1 à le chercher. On sait désormais ce qu’a vécu l’un des héros dans le sombre et sinistre monde à l'envers de la série Netflix. Stefano Martino, dessinateur de ce comics validé par les frères Duffer, raconte à LCI depuis le Comic Con Paris comment il a donné vie à cette nouvelle aventure.

"Il ne reste que deux places". Voilà les fans prévenus. Stefano Martino vient seulement d’arriver sur le stand de Mana Comics au Comic Con Paris, samedi 26 octobre que sa séance de dédicaces affiche quasiment déjà complet. Le dessinateur italien a prêté son trait de crayon à "Stranger Things : de l’autre coté ", premier comics inspiré de la série à succès de Netflix.

Sorti en France le 4 juillet, tout comme la saison 3 du show des frères Duffer, l'ouvrage a nécessité cinq mois et demi de travail à son auteur. "J’étais fan de la série donc je voulais faire le meilleur travail de ma vie", confesse celui qui a passé jusqu'à 12 heures par jour sur ses croquis. 

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Fin connaisseur de l'univers d'Eleven, Mike, Hopper and co, Stefano Martino a mis en images une histoire écrite par Jody Houser qui raconte un épisode passé sous silence à l'écran. "Ce n’est pas une adaptation mais une histoire parallèle qui complète ce qu’on a vu dans la saison 1", précise celui qui a imaginé ce qu'a vécu le jeune héros Will Buyers "dans le monde à l'envers", cet univers parallèle à la petite ville de Hawkins, dans l'Indiana. "On l’a vu être kidnappé et si on a suivi la série, on sait qu’il en revient. Le comics se concentre sur les sensations et ce qu’il a éprouvé de l’autre côté. Ce n’est pas vraiment de l’action, c’est centré sur ce qu’a ressenti le personnage", souligne le dessinateur.

On n’a pas eu beaucoup d’espaces pour inventer et tenter des choses. Mais parfois, on n’a pas envie de modifier ce qui fonctionne déjà très bien- Stefano Martino

On se dit donc qu'avec la scénariste, ils ont eu carte blanche de la part de Netflix pour créer leur propre "autre côté". Mais au final, ils se sont plutôt refréner d'eux-mêmes. "On n’a pas eu beaucoup d’espaces pour inventer et tenter des choses. Mais parfois, on n’a pas envie de modifier ce qui fonctionne déjà très bien. On a "Stranger Things", on a envie de dessiner "Stranger Things". C’est comme pour Batman. On a envie de le dessiner Batman et pas autre chose", dit-il. Il s'est donc appuyé sur "le monde très obscure" qu'on a aperçu dans la série" pour "le transformer et le dégrader" autant qu'il a pu.

Tout ce qui se passe dans le comics se raccroche à ce que le téléspectateur a vu dans la série. Vous vous souvenez de ces deux hommes qui ont été portés disparus avant Will ? Et bien ce dernier les retrouve de l'autre côté. Idem pour les lunettes de Barb que l'adolescent finit par récupérer. Mais ne vous attendez pas à voir apparaître l'une des favorites des fans. "Non pas du tout, elle est morte. Oups, je l’ai dit ! Mais on le voit dans la série", s'amuse Stefano Martino qui a tout de même mis sa patte au projet.

"J'ai ajouté quelques idées comme le délire de Will qui se voit comme un magicien. C’est le même dessin qu'il a fait pour sa mère Joyce mais je l’ai dessiné de façon réaliste. C’est mon obligation en tant qu’artiste d’être le plus fidèle possible", détaille-t-il. Certaines parts d'ombre ne seront pas levées "parce qu’on doit laisser quelque chose à l’imagination, le mystère est essentiel. On dévoile des choses mais pas tout". Suffisamment pour attirer les hordes de fans de "Stranger Things" chez leurs libraires. Aux Etats-Unis, "De l'autre coté" s'est écoulé à 160.000 exemplaires depuis mai contre 90.000 pour la star des comics Marvel Spider-Man.

D'autres tomes bientôt en vente

Un succès incroyable, à l'image de l'engouement planétaire entourant la série - dont la saison 3 a été la plus visionnée toutes séries confondues sur Netflix - que Stefano Martino a un peu de mal à analyser. "Je comprends que la série plaise beaucoup mais j’ai 49 ans, je suis né dans les années 70. J’ai volé de l’argent à ma tante pour aller jouer à Dragon’s Lair. Donc quand j’ai vu la même scène à l'écran, je me suis dit : 'C’est ma jeunesse, c’est incroyable!'. Le talent des scénaristes, c'est d'avoir su me parler à moi mais aussi d'avoir rendu des gamins de 14 ans nostalgiques d’une période de leurs vies qui n’existe pas". La folie "Stranger Things" n'est pas près de retomber car de nouveaux tomes du comics sont déjà commandés. Avec d'autres histoires inédites et un autre dessinateur cette fois-ci.

Quelle différence entre un comics et une bande-dessinée ?

"Le système de production est complètement différent", nous explique Stefano Martino. "Les Américains font un produit qui doit sortir très vite mais sans perdre de qualité. Ils séparent le crayon, les encres, les couleurs et les scénaristes. Quatre professionnels travaillent en même temps", poursuit-il. L'équipe a "un rythme très soutenu", soit "un mois, un mois et demi pour faire 22 pages." "En France dans le même temps, on a peut-être fait cinq planches. Et les missions ne sont pas si divisées, on discute bien plus", souligne-t-il. Pour son ouvrage sur "Stranger Things, "on a séparé les tâches mais on a aussi beaucoup échangé. C’est un mélange de des deux continents."

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Stranger Things : de l'autre côté (Mana Books)

de Jody Houser et Stefano Martino

96 pages / 15€

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