Comment "Game of Thrones" a influencé la conception des décors du "Aladdin" de Guy Ritchie

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COULISSES - Alors que l'adaptation live du film d'animation culte, avec Will Smith dans la peau du génie, est disponible depuis ce jeudi 19 septembre en achat digital, LCI s'est entretenu avec la chef décoratrice Gemma Jackson. Avant de créer sa propre version d'Agrabah, c'est elle qui avait donné vie au monde merveilleux de Westeros.

Son enthousiasme est communicatif. Il est un peu plus de 9h à Los Angeles quand Gemma Jackson décroche son téléphone pour répondre à nos questions. Les réponses sont enjouées, l'accent délicieusement britannique. Femme de l'ombre dans la vaste industrie du cinéma, elle se décrit comme une "conteuse visuelle". "Mon rôle est de créer le monde en trois dimensions dans lequel l’action se déroule et de le rendre crédible, de faire en sorte qu’il puisse vous dire ce que vous allez ressentir grâce à l’histoire", nous explique l'une des chefs décoratrices les plus respectées à Hollywood.

Sa dernière création ? Agrabah, le pays imaginaire où vivent Aladdin et Jasmine, qui s'est offert une deuxième jeunesse avec l'adaptation live du film d'animation culte des studios Disney. "Aux anges" à l'idée de collaborer à nouveau avec Guy Richie après "La Légende du roi Arthur", elle raconte sa fierté d'avoir créé de toutes pièces ce "monde de conte de fées" avec son équipe. "J’ai regardé le film avec un grand sourire sur mon visage, même si c’est moi qui l’ai fait", glisse-t-elle.

Quand j’ai commencé à travailler sur "Game of Thrones", il n’y avait rien du tout, juste les livres. J’ai dû créer tous ces mondes qui ont perduré dans les saisons suivantes- Gemma Jackson sur la série culte de HBO

Gemma Jackson confesse ne pas avoir "beaucoup réfléchi à l'original" de 1992 avant de se mettre au travail, entre six à sept mois avant les premières prises. "Le film d’animation est merveilleux. Je suis un peu plus vieille et je n’en ai pas fait la même expérience que la jeune génération. J’étais confiante dans mon propre travail et dans la direction qu’avait prise Guy Ritchie pour raconter l’histoire", affirme-t-elle. C'est d'un autre univers qu'est venue l'inspiration. Car l'Anglaise de 68 ans, qui compte plus de 33 films à son actif en plus de son expérience au théâtre, est surtout celle qui a donné vie au Westeros de "Game of Thrones".

"Quand j’ai commencé à travailler sur "Game of Thrones", il n’y avait rien du tout, juste les livres. J’ai dû créer tous ces mondes qui ont perduré dans les saisons suivantes. C’était important qu’il y ait un fort contour entres les différentes parties, que ce soit Winterfell, Port-Réal… C’était il y a des années, je n’ai fait que les  trois premières saisons", se souvient-elle. "Je crois que ça a changé ma manière de travailler et que ça m’a aussi rendue plus confiante dans ce que je pouvais créer.  La série m'a aussi permis de découvrir beaucoup à propos du Moyen-Orient", ajoute-t-elle, évoquant notamment son goût pour les "miniatures persanes". Gemma Jackson témoigne aussi "aller souvent en Inde et utiliser beaucoup de références indiennes".  "Tout ça est venu m’aider à 100% pour 'Aladdin'", reconnaît-elle.

On voulait vraiment refléter ce côté melting-pot- Gemma Jackson sur son Agrabah

Quand on lui demande de décrire son Agrabah, Gemma Jackson évoque tout de suite "l'éclectisme" de ce monde "aux confins de la route de la soie" où s'entremêlent les différentes cultures. Les imageries orientales et indiennes côtoient des idées piochées plus à l'Est, comme ce monastère birman qui a servi d'inspiration pour le palais du sultan.  "Vous avez les bateaux qui arrivent au port, les dunes de sable au loin... C’est un endroit où les gens vont et viennent du monde entier. On voulait montrer que les visiteurs apportaient des cadeaux extraordinaires au sultan. La ville est pleine de stands avec les objets les plus merveilleux possibles à vendre. On voulait vraiment refléter ce côté melting-pot", insiste-t-elle.

Une partie du royaume a été recréée en studio en Angleterre tandis que les scènes du désert et de la caverne aux merveilles ont été tournées en Jordanie. Pour le reste, Gemma Jackson a "travaillé en étroite collaboration avec Chas Jarrett", le responsable des effets visuels, et son équipe. "Nous leur avons fourni beaucoup d’informations pour tout ce qu’on ne pouvait pas construire, comme les vues aériennes du palais par exemple. J’ai conçu l’ensemble du palais et d’Agrabah, avec l’eau et les bateaux, et il les a amenés plus loin", souligne-t-elle. Idem pour le tapis volant. "Il a utilisé mes remarques et s'est rendu à Fès et à Marrakech" pour trouver l'inspiration.

Le DVD d'"Aladdin", qui sera disponible le 27 septembre, offrira-t-il un aperçu de décors qui auraient été coupés au montage ? "Je ne pense pas car tout a quasiment été intégré au film. Il n'y a pas eu de pertes", note-t-elle, regrettant néanmoins le manque de visibilité de l'espace consacré au vilain Jafar. "J'aurais espéré en voir plus", souffle-t-elle. De quoi lui donner envie de travailler sur une possible adaptation du "Retour de Jafar", déjà évoquée par le producteur Daniel Lin ? "J'adorerais ! Vous me l'apprenez", s'enthousiasme-t-elle à l'autre bout du fil. Avec plus d'un milliard de dollars de recettes pour le premier film, Disney aurait bien tort de se priver d'une suite.

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