Comment Johnny Hallyday a enregistré "Mon pays c’est l’amour" malgré la maladie

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COULISSES - Dix chansons inédites figurent sur "Mon pays c’est l’amour", le 51e et dernier album de Johnny Hallyday. Elles témoignent de l’incroyable résilience du rockeur, qui a enregistré entre mars et octobre dernier, entre les Etats-Unis et la France, alors qu’il luttait contre le cancer. Explications.

En écoutant la voix de Johnny Hallyday sur "Mon pays c’est l’amour", impossible de déceler le moindre signe de la maladie qui a emporté le rockeur, le 5 décembre dernier. Un petit miracle qui s’explique, en partie, par le timing de l’enregistrement. Il a en effet débuté dès mars 2017, en Californie, au moment même où l’idole des jeunes révélait souffrir d’un cancer du poumon dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

A l’époque, il avait déjà "chanté trois chansons sur des maquettes que Maxim Nucci lui avait amenées qui sont 'Pardonne-moi', 'Un enfant du siècle' et 'Je ne suis qu’un homme'", a expliqué lundi le directeur artistique Bertrand Lamblot, après l’écoute du disque organisée pour la presse. "C’est quelque chose qu’il ne faisait jamais, mais il avait une très forte envie de chanter ces chansons."


Lorsque l’enregistrement des parties instrumentales débute au mois d’août, toujours aux Etats-Unis, l’équipe du chanteur décide de conserver ces voix qui étaient "extraordinaires", assure Bertrand Lamblot, "et on a fait jouer les musiciens dessus. Les sept autres voix ont été enregistrées en France, entre fin septembre et début octobre."

Il a réussi à ne pas être atteint par la maladie pendant la quasi-totalité du tempsSébastien Farran, le manager de Johnny

Ces sessions, qui ont eu lieu au studio Guillaume Tell, à Suresnes, en banlieue parisienne, vont se dérouler de la fin du mois de septembre au début du mois d’octobre. Là aussi rien n’indique, ni dans son humeur, ni dans sa voix, que le chanteur est en souffrance. Au contraire. "Johnny a été en forme très longtemps", assure Sébastien Farran, son manager. "Il a fait la tournée des Vieilles Canailles quatre mois avant de partir. Il a réussi à ne pas être atteint par la maladie pendant la quasi-totalité du temps."


Des propos qui laissent penser que Johnny n'a pas rechanté pour le disque après son hospitalisation le 13 novembre à la clinique Bizet, à Paris. Il a en revanche validé l'intégralité des dix chansons qui figurent sur le disque final. Le morceau instrumental, intitulé "Interlude", a été mis en boîte à partir des sections de cordes du morceau "J'en parlerai au diable", qui ouvre l'album.

Le plus impressionné par la résilience du chanteur reste encore Maxim Nucci, à ses côtés durant toutes ces séances. Compositeur et producteur de l’album, il se rendait chaque matin dans la résidence de Johnny à Marne-la-Coquette avec sa guitare acoustique, répétant avec lui le titre qu’il allait enregistrer l’après-midi. Un rituel mis en place par le duo à l’époque de l’album précédent, "De l’amour", mis en boîte en Californie courant 2015.

"Quand il passait derrière le micro, quel que soit l’état d’esprit dans lequel il était, il avait cette faculté à se connecter au sol, à se connecter aux mots et à envoyer le truc, ça m’a toujours bouleversé ", raconte le musicien pour qui la voix de Johnny restera à jamais un mystère. "Il ne chantait pas beaucoup à la maison. Il chantait quand il fallait chanter. Et il donnait tout, c’était incroyable. Il ne faisait pas de vocalises. Son grand truc, c’était de tousser fort, un grand coup et puis boom !".

Après la mort du chanteur, le 5 décembre, Maxim Nucci a repris le chemin des studios en janvier. Deux jours seront nécessaires pour enregistrer les cordes et les cuivres, les chœurs féminins, et "muscler" les guitares de deux morceaux comme l'avait demandé Johnny. Enfin, le mixage du disque aura lieu pendant une semaine, aux Etats-Unis, sous la houlette de l'Américain Bob Clearmountain. 


Maxim Nucci insiste sur le fait que Johnny Hallyday a très peu, voire pas du tout abordé sa maladie durant l’enregistrement. "Il nous a beaucoup préservé", explique-t-il. "A aucun moment il ne nous a fait sentir que ça pouvait être le dernier." Toute l’équipe du rockeur assure d'ailleurs qu'il ne reste aucun inédit de ses ultimes séances. Et que quelques jours avant sa mort, il évoquait encore son envie de les défendre sur scène.

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