Des pièces plus courtes, plus tôt ou le week-end... les solutions des théâtres face au couvre-feu

Le monde du spectacle et tous les intermittents vont encore subir de plein fouet le couvre-feu. Ceci a été instauré par le gouvernement à partir de ce vendredi, de 21 heures à six heures du matin dans toute l'Île-de-France.

ADAPTATION - L'instauration du couvre-feu affecte directement le secteur culturel, dont une large part des recettes se génère en soirée. De nouvelles consignes qui l'obligent à revoir encore son fonctionnement.

Commencer sa journée aux aurores pour sortir du travail plus tôt dans l'après-midi. Telle pourrait être la nouvelle routine des Français ces prochaines semaines afin de contourner le couvre-feu, instauré à compter de la nuit de vendredi à samedi dans neuf métropoles, entre 21h et 6h. Objectif parmi d'autres ? Être en mesure d'avancer de quelques heures les activités extra-professionnelles, et notamment culturelles, tout en rentrant chez soi à l'heure prévue.

C'est l'éventualité sur laquelle comptent les théâtres. Et pour cause : alors qu'ils venaient tout juste de sortir la tête de l'eau, les patrons de salles de spectacles sont dans l'incompréhension. Pourquoi imposer un couvre-feu dès 21h lorsque la plupart des représentations sont toujours en cours ? 22h aurait été à leurs yeux plus judicieux... De fait, les restrictions annoncées leur font craindre de nouvelles conséquences économiques. Et les poussent à s'adapter à la hâte, avec à peine 48h pour proposer aux spectateurs des offres aux horaires plus adaptées. "Nous avons travaillé toute la matinée sur la reprogrammation de nos pièces", nous confie la porte-parole du théâtre Ranelagh à Paris. "C'est la priorité." 

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Les spectateurs au rendez-vous ?

Parmi les options envisagées ? Programmer les pièces de théâtres plus tôt dans la soirée. "Les théâtres vont devoir lever le rideau vers 18h au lieu de 19-20h", relève Bertrand Thamin, président du Syndicat national du théâtre privé. "Reste à déterminer dans les prochains jours s'ils continueront à venir." Une solution que déplore Nicolas Dubourg, président du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles, pour qui "ce temps libre, de plaisir, ne doit pas être placé sous contraintes". Contrarié, il s'attend à "une course contre la montre" pour se réorganiser. 

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Une autre possibilité pourrait être de déplacer un maximum de pièces le week-end. Mais, là-encore, cette adaptation ne se fera pas sans difficultés, en particulier hors de la capitale. "Ce qui est vrai à Paris n'est pas forcément vrai partout", alerte Nicolas Dubourg. "En régions, les individus ne vont pas au théâtre le week-end. Ils ont d'autres pratiques comme les réunions familiales ou les balades dans la nature." 

Enfin, la dernière piste explorée serait de raccourcir les pièces, ce qui ne fait pas non plus l'unanimité. "Certaines pièces, comme celle de Shakespeare, ne pourront pas être amputées. C'est tout simplement impossible."

Nous allons avoir beaucoup de coups de fil à passer- Bernard Thamin, président du syndicat national du théâtre privé

Cette nouvelle planification amène les théâtres à prévenir massivement les clients ayant réservé leurs places depuis plusieurs semaines. "Cela ne va pas être facile à mettre en place, nous allons avoir beaucoup de coups de fil à passer", s'inquiète Bertrand Thamin. "Les clients ne vont peut-être pas cautionner ce changement d'horaires." 

Télétravail, horaires flexibles et décalées, congés payés, solidarité des employeurs... Le représentant des professionnels espère que les amateurs de théâtres sauront trouver des solutions pour se rendre disponibles sur des créneaux inhabituels. Mais il reste conscient du nombre considérable de spectateurs qui risquent de passer leur chemin. Les théâtres vont "connaître un inévitable coup d'arrêt", anticipe également Nicolas Dubourg, fataliste.

Une dérogation réclamée

Du côté des cinémas, les réactions sont les mêmes, et le pessimisme domine. Car si les séances de la journée seront maintenues, l'annulation de celles du soir vont mécaniquement diminuer le nombre d'entrées. Sans compter qu'après les reports en série des sorties des blockbusters américains, les nouvelles consignes pourraient inciter les producteurs français à les imiter. 

Ces différents lieux culturels, où l'absence de clusters est pourtant avérée, demandent donc une dérogation à la règle du couvre-feu. Idem pour certains élus, à l'instar d'Anne Hidalgo, qui a annoncé dès mercredi qu'elle solliciterait la ministre de la Culture Roselyne Bachelot "pour que les auteurs et les artistes du spectacle vivant puissent continuer à présenter au public leurs créations dans le strict respect des règles sanitaires"

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