Des remerciements à des organismes gouvernementaux du Xinjiang en Chine : "Mulan" met Disney dans l’embarras

Des remerciements à des organismes gouvernementaux du Xinjiang en Chine : "Mulan" met Disney dans l’embarras
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MALAISE - Des internautes américains ont découvert dans le générique de fin de "Mulan" des remerciements à plusieurs organismes gouvernementaux du Xinjiang. C’est dans cette province chinoise, où le film a été en partie tourné, que Pékin est accusé d’abriter plusieurs camps de rééducation de la communauté musulmane ouïghoure. Le studio américain reste silencieux pour le moment.

C’était l’une des superproductions les plus attendues de l’année. Mais alors que la sortie en salles de Mulan, l’adaptation live du célèbre dessin animé, a été reportée à plusieurs reprises avant d’être annulée au profit d’une diffusion en streaming sur Disney+, c’est sur le terrain politique que le film de la réalisatrice Niki Caro est aujourd’hui montré du doigt.  

En découvrant le film vendredi dernier, certains abonnés américains de la plateforme ont remarqué dans le générique de fin des "remerciements spéciaux" adressés à huit organismes gouvernementaux de la province du Xinjiang, où le film a été en partie tourné.

Un scandale dénoncé par de nombreuses ONG

Parmi eux, le bureau de la sécurité publique de la ville de Turpan où, d’après plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, Pékin abriterait une douzaine de camps de rééducation détenant de manière arbitraire plus d’un million de personnes, membres de la communauté musulmane ouïghoure.  

Ces faits sont dénoncés par de nombreuses démocraties occidentales depuis plusieurs mois. En juillet dernier, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a ainsi réclamé à l'Assemblée nationale l’envoi d’une mission internationale dans la région afin d’évaluer la situation.

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Les internautes ont également noté dans le générique de fin de Mulan que le studio américain remerciait le Département de la publicité du Xinjiang, accusé d’être l’agence de propagande du Parti communiste chinois dans la région. Prise à partie par les internautes et contactée par les médias spécialisés comme The Hollywood Reporter, la direction de Disney ne s’est livrée pour l’heure à aucun commentaire. Une position intenable à court terme ? Ce n’est, à vrai dire, pas la première polémique qui entoure la sortie de ce blockbuster estimé à plus de 200 millions de dollars. Et qui représente un enjeu considérable pour le studio américain dans sa conquête du marché chinois.

Le week-end dernier, de nombreux internautes à Hong Kong, à Taïwan et en Thaïlande ont appelé au boycott du film afin de protester contre des propos tenus par sa vedette, la comédienne sino-américain Liu Yfei. Dans une interview accordée en août 2019 au Quotidien du Peuple, l’organe de presse officiel du gouvernement chinois, elle avait apporté son soutien à la police de Hong-Kong lors des affrontements avec les manifestants pro-démocratie. 

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