"Douleur et gloire" : Pourquoi Pedro Almodóvar ne peut plus se passer de Penélope Cruz

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ZOOM - Dans "Douleur et Gloire", en compétition à Cannes et en salles le 17 mai, Penélope Cruz joue pour la sixième fois sous la direction de Pedro Almodóvar. Retour sur une collaboration aussi cruciale dans la carrière de la comédienne espagnole que de son cinéaste fétiche.

De Victoria Abril à Marisa Paredes en passant par Carmen Maura et Rossy de Palma, Pedro Almodóvar filme les femmes comme personne. Entrée sur le tard dans la galaxie de l’enfant terrible de la Movida, Penélope Cruz a développé avec lui un lien unique. "S’il vous plaît, dîtes-lui que vous avez aimé son film", nous suppliait la comédienne, sur un ton maternel, lors de la présentation du mal-aimé "Etreintes Brisées" au Festival de Cannes en 2009. Dix ans plus tard, on n’est donc guère surpris de la voir incarner la mère de Salavador Mallo, le héros de "Douleur et Gloire", double à peine déguisé du cinéaste interprété par Antonio Banderas.


Comme souvent chez Pedro Almodóvar, la réalité se mélange à la fiction. Dans le film, Salvador, enfant, apprend à lire et à écrire à un jeune maçon illettré, comme le faisait Francesca Caballero, la propre mère du cinéaste, décédée en 1999. "J’ai eu le temps de la connaître", confiait Penélope Cruz en janvier dernier à Grazia. "C’était une mère espagnole très traditionnelle. Je me souviens qu'elle continuait, alors qu'il était déjà célèbre, de s'inquiéter pour l'avenir de Pedro (…) Ses inquiétudes étaient celles d'une mère aimante, et le personnage parle un peu de cela, je crois... Le fait de l'avoir un peu connue m'a permis de jouer son rôle avec plus d'aisance, plus de précision."

Avant de jouer sa mère, Penélope Cruz a inspiré des rôles toujours différents à Pedro Almodóvar. La première fois, c'était en 1997, dans "En chair et en os". Elle était Isabel, la prostituée qui donnait naissance dans un bus à Victor, le personnage principal joué adulte par Javier Bardem – le futur compagnon de la comédienne. Deux ans plus tard, elle joue une bonne sœur dans "Tout sur ma mère", un second rôle marquant avant la consécration en 2006 avec "Volver", le plus grand succès mondial du cinéaste à ce jour. Grâce à la divine Raimunda, dissimulant le meurtre de son compagnon violent par sa fille, la comédienne devient une superstar internationale.


Après le prix d’interprétation à Cannes, qu’elle partage avec ses partenaires féminines, Penélope Cruz devient la première Espagnole à être nommée à l’Oscar de la meilleure actrice. Elle décrochera celui du meilleur second rôle féminin trois ans plus tard pour "Vicky Cristina Barcelona" de Woody Allen. Sa carrière hollywoodienne est lancée. Mais la brune fatale n’oublie pas son compatriote et le retrouve en 2009 dans "Etreintes Brisées" où elle est Lena, la femme fatale qui a fait tourner la tête d’un cinéaste maudit. Un rôle, là encore, pas si éloigné de la vraie vie comme le révélera Pedro Almodóvar à "So Film" en 2016, à propos de leur collaboration sur "Volver".

"Je reconnais que je la désirais quand je la filmais, pour de vrai. Je peux le dire maintenant que le tournage de "Volver" est loin : ce film a été pour moi le paroxysme d'un désir énorme. Qui ne s'est jamais matérialisé", avouera-t-il au sujet de celle qu’il retrouvera brièvement en 2013 sur "Les Amants Passagers". Et dont l'absence se fait ressentir dans ses films récents, en dépit du talent de celles qui lui ont succédé. Pedro Almodóvar est tellement indissociable de Penélope Cruz que c'est lui qui viendra lui remettre, en 2018, un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière à la salle Pleyel, à Paris. Avant d’écrire une nouvelle page de leur histoire commune dans quelques jours sur la Croisette…

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