Drôle, glamour et brutale : on aime "Anna", la nouvelle héroïne de Luc Besson

Sorties
PARTI PRIS - Dans "Anna", en salles ce mercredi, Luc Besson met en scène une jeune femme, agent du KGB, prête à tout pour obtenir sa liberté. D'aucuns y voient une caricature misogyne. Un avis que nous ne partageons pas : cette héroïne plus proche d’une BD hardcore que d’un thriller réaliste nous a, au contraire, conquis.

En lisant l’avalanche de critiques négatives du dernier film de Luc Besson, en provenance de la presse anglo-saxonne, une expression en particulier, a retenu notre attention. D’après le quotidien canadien Le Devoir, Anna serait "misogyne à hurler". Pour le journaliste François Lévesque, ce portrait d’une espionne russe  qui "charme, titille, couche et tue, des victimes exclusivement mâles" soutiendrait l’idée que "la femme est un danger pour l’homme". Misogyne signifiant "qui éprouve du mépris, voire de la haine pour les femmes", d'après Le Larousse, on n’a pas dû voir le même film.


Anna (Sasha Luss), c’est l’histoire d’un jeune agent du KGB dont Luc Besson dresse le portrait à coups d’aller-retour entre le passé et le présent. Comme le personnage, le scénario s’inspire du principe des poupées russes, chaque séquence renfermant un secret qui nous sera révélé tôt ou tard. Une structure non linéaire qui permet au cinéaste de remixer ses propres héroïnes de manière plutôt habile. Et de jouer sur plusieurs registres à la fois : action, drame, comédie... A ce titre Anna est bien plus léger que Nikita, dont l’héroïne épouse une trajectoire toutefois similaire.

Privée de son père lorsqu’elle était enfant, elle a trouvé refuge auprès d’un junkie qui la brutalise dans un taudis crasseux. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Alex (Luke Evans), un expert du renseignement qui devient son Pygmalion et bientôt son amant. Mais Anna n’obéit en réalité à personne, et surtout pas aux hommes dont elle flatte les bas instincts pour atteindre ses objectifs. L’agent de la CIA Lenny Miller (Cillian Murphy) l’apprendra vite à ses dépens. La seule personne qui semble avoir un peu d’emprise sur elle, c’est Olga, une éminence du KBG qui offre à Helen Mirren une récréation jouissive, dans l’esprit du film d’action Red.


Mais la star, c’est évidemment Sasha Luss, ce mannequin russe auquel Luc Besson a confié les clés de ce divertissement pour adultes plus proche d’une BD hardcore que d’un thriller réaliste. De tous les plans, ou presque, elle charme, cogne, pleure, mitraille et "titille" à tout va. Alors oui Anna tue des hommes. Beaucoup d’hommes. Mais la plupart sont malveillants et/ou faibles, persuadés de leur ascendant sur cette créature qui sans cesse leur échappe. Et se révèle en fin de compte bien supérieure à tous ceux qui croient contrôler son destin...

>> Anna, de Luc Besson. Avec Sasha Luss, Luke Evans, Cillian Murphy. En salles ce mercredi

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter