En pleine tempête Polanski, Véronique Cayla prend les commandes des César

En pleine tempête Polanski, Véronique Cayla prend les commandes des César
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CASTING – Sans surprise, Véronique Cayla devrait être élue ce mardi présidente de l’Académie des César. Une mission périlleuse pour l’ex-patronne du CNC et d’Arte, alors que la grande famille du cinéma français continue de se déchirer autour du cas Polanski.

Et le job est attribué à... Véronique Cayla. L’ex-patronne du Centre National de la Cinématographie (CNC) et de la chaîne Arte deviendra ce mardi matin la première présidente de l’Académie des César, avec à ses côtés le cinéaste Eric Toledano ("Intouchables", "Hors Normes") qui occupera lui le poste de vice-président. L’élection de ce binôme inédit ne fait aucun doute puisqu’il est le seul à se présenter au vote des membres de l’Assemblée générale, sans quorum de surcroît.  

En portant à sa tête une femme reconnue de tous, aussi bien dans le monde artistique que politique, l’Académie des César espère sortir du psychodrame dans lequel l’a plongé la démission en bloc du précédent conseil d’administration, en février dernier, sous la pression d’une partie des professionnels qui dans une lettre ouverte au Monde, avaient dénoncé la gestion "opaque" du président sortant, le producteur Alain Terzian.

Un dossier qui divise le cinéma français

Des tensions qui ont culminé lors d’une 45e cérémonie marquée par le départ retentissant de la comédienne Adèle Haenel, choquée par la remise du César de la meilleure réalisation à Roman Polanski. Présidente par intérim, la productrice Margaret Menegoz avait institué cet été une réforme des statuts de l’Académie, avec notamment la mise en place de binômes paritaires dans chacune des catégories professionnelles représentées en son sein.

Ces efforts ont été plombés, le 14 septembre dernier, lorsque les 4.313 membres de l’Académie, appelés à voter pour leurs représentants au sein de la nouvelle Assemblée générale, ont découvert que 18 des 47 membres sortants avaient été reconduits à leur demande, par courrier, durant l’été. Parmi eux, l’ancien président Alain Terzian… mais aussi Roman Polanski.  

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Une situation choquante pour celles et ceux qui dénoncent la complaisance du monde du cinéma à l’égard du cinéaste franco-polonais, condamné pour rapports sexuels illégaux avec une mineure en Californie en 1977. Et sous le coup depuis de plusieurs accusations qu’il a toujours niées. Dans un souci d’apaisement, l’intéressé a fait savoir le week-end dernier qu’il n’avait pas l’intention de participer aux prochaines réunions de l’Assemblé générale.

Reste que le "cas Polanski" est l’un des dossiers brûlants sur lesquels la nouvelle patronne des César devra se prononcer dans les prochains jours. Et sans doute rapidement, au risque de voir sa légitimité contestée par une partie de la profession. De là à évincer purement et simplement le cinéaste de l’Académie, comme l’a fait la direction des Oscars, dès le printemps 2018 ?

Une dirigeante qui fait l'unanimité

Du ministère de la Culture, où elle a débuté sa carrière professionnelle à la fin des années 1970, à la présidence d’Arte qu’elle a quittée en juin dernier, Véronique Cayla, 70 ans, a toujours fait l’unanimité, aussi bien dans la sphère artistique que politique. En février dernier, elle était dans les petits papiers de l’Elysée pour succéder à Pierre Lescure à la présidence du Festival de Cannes, une manifestation dont elle a été la directrice générale de 2000 à 2005. L’ex-patron de Canal + a finalement été reconduit en juin jusqu’en 2023. 

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